‹ L'Évolution Du Diabète SucréChapitre 33 sur 50 · ER: DE · texte numérisé non relu

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L’insuline exerce donc bien, outre son action substi. tutive, une certaine action curatrice.

Aussi le traitement insulinien doit-il être continué sans cesse, dans le diabète grave de l'enfant, comme dans le diabète grave de l’adulte.

C’est là un fait d'expérience sur lequel insiste M. le Professeur LABBÉ.

Envisageons maintenant les observations d'enfants que nous avons recueillies :

Hil... Henri, 13 ans.

Diabète découvert en mai 1931, en raison de l’apparition de polydipsie et polyphagie. Le médecin traitant met le petit malade à un régime alimentaire réduit, associé passagèrement * l’insulinothérapie. Ce régime est mal suivi ; la glycosurie s'élève peu à peu, atteignant, paraît-il, 96 gr. par 24 h. Une nouvelle cure insulinique la ramène à un chiffre inférieur.

Le petit malade entre pour la première fois dans le service, à la Salle Rabelais, le 20 juillet 1931.

La glycosurie est de 15 gr. 40 par 24 h.

Les réactions d’acidose sont positives.

Le volume des urines est de 1 litre par 24 hb.

Le poids est de 28 k. 300, accusant une chute de 3 k. depuis trois mois.

La taille est de 1 m. 44.

On institue un régime mixte réduit comportant 102 gr. d'H.C. totaux :

La glycosurie reste momentanément de 15 gr. 40 par 24 h., accusant une tolérance de :

On injecte ensuite, 10, puis 20 U. d’'Endopancrine.

Rapidement il n’y a plus ni glycosurie ni acétonurie, avec un régime porté à 115 He. totaux, ce qui traduit une élévation de la tolérance réelle à :

Huit jours plus tard, l’'Endopancrine est ramenée à 15 U. sans que la glycosurie reparaisse. Le poids atteint 29 k. 200, en hausse de 900 gr. depuis l'entrée dans le service.

La toléance est encore en augmentation, atteignant au moins :

La moyenne des tolérances hydrocarbonées calculée sur

l’ensemble de ce premier séjour (du 20 juillet au 5 août 1931)

est de 90.

Dans la suite, le régime n’est plus pesé, l’Insuline est réduite, puis supprimée en octobre 1931 : à ce moment, la glycosurie reparaît. Les parents reprennent alors l’Insuline à raison de 15 U. et donnent un régime approximatif.

Chaque jour, l’examen des urines leur indique une certaine glycosurie, sans acidose.

Le poids du jeune malade reste aux environs de 30 k.

En décembre 1931, sa mère le met spontanément à 40 U. d’Insuline. Le régime est toujours suivi approximativement (il apporte environ 103 gr. d’H. C. totaux) ; la glycosurie est intermittente, sans acidose.

En mars 1932, survient un épisode infectieux, étiqueté grippe intestinale, avec température à 39°, élevant la glycosurie à 60 gr. par 24 h. et provoquant de l’acétonurie de façon passagère.

Le petit malade est alité 20 jours.

Dans la suite, rien n’est modifié au traitement ; l’état reste stationnaire.

En octobre 1932, la glycosurie est de 25 gr. par 24 h., sans acidose.

Le 18 novembre 1932, il est de retour dans le service, présentant une poussée acidosique. Celle-ci n’est maîtrisée que le 28 novembre, l’Insuline ayant dû être portée à 50 U. par 24 h.

Pendant cette première période du 18 au 28 novembre, les moyennes s’établissent de la façon suivante :

Moyenne de glycosurie : 51 gr. 6 par 24 h. ;

Moyenne hydrocarbonée du régime : 117 H.C. totaux.

Poids en baisse de 32 k. 5 à 30 k. 7.

Moyenne d’Endopancrine : 26 U. 8 par 24 h.

Moyenne de tolérance hydrocarbonée :

Du 29 novembre au 7 décembre, l’Insuline est réduite progressivement jusqu’à 40 puis 30 U. L’acétonurie et la glycosurie sont réduites à 0.

Pendant cette deuxième période, les moyennes s’établissent de la façon suivante :

Régime laissé constamment à 117 H. C.

Poids stationnaire.

Moyenne d’'Endopancrine injectée : 46 U. par 24 h.

Tolérance hydrocarbonée de :

117 — (46 X 1,25 — 57,50) — 59,50 en hausse manifeste.

On abaisse alors l’insuline à 30 unités, mais la glycosurie reparaît.

L’insuline est ensuite remontée pendant quelques jours à 40 U. et la glycosurie cesse immédiatement.

La tolérance hydrocarbonée passe à :

Puis on ramène de nouveau l'insuline à 30 U. et la glycosurie ne reparaît pas, ce qui traduit une nouvelle élévation de la tolérance à :

Le jeune malade quitte le service le 20 décembre 1932, équibré avec 30 U. d’Insuline. Son poids est de 30 k. 500, stationnaire.

Si l’on calcule maintenant la moyenne des tolérances hydrocarbonées sur l’ensemble de ce deuxième séjour dans le service (du 18 novembre au 20 décembre 1932), on la trouve égale à 60, accusant déjà une baisse de 33 % sur la valeur d'il y a 18 mois.

Pendant son séjour, le petit malade a été examiné complètement :

— le cœur, les poumons, le foie sont normaux ;

— il n’y a pas de dystrophie osseuse ;

— la voûte palatine est normale, la dentition normale ;

— la taille est de 1 m. 44 1/2 cnotre 1 m. 44, 18 mois auparavant.

CONCLUSIONS. — Abaissement d'environ 33 % de la tolérance pour les H.C. totaux, élévation de la dose d'insuline de 15 à 30 unités, tel est le bilan évolutif de ce diabète infantile d’une durée de 18 mois seulement. L'état général de l’enfant est satisfaisant. Toutefois, depuis l’apparition du diabète, son développement physique n’a pas été très marqué. Pendant ces 18 mois, il a gagné en poids 2 kgs environ, mais en taille un demi-centimètre seulement.

Mile Colette Gau.…., 15 ans.

Diabète découvert en avril 1927, à l’âge de 9 ans par l’apparition progressive de polydipsie et polyphagie s’accompagnant d’amaigrissement et asthénie. Glycosurie de 110 gr. par 24 h. sans acidose.

Rapidement, la petite malade est amenée consulter dans le service de M. le Professeur Labbe et voit le Docteur Bith.

Antécédents. — Rougeole en 1925, sans complication, mais qui a laissé une grande dépression persistante.

Bronchites fréquentes.

Ablation des amygdales en 1926. Pas de diabète familial,

Examen. — Poids 20 k. environ.

Taille : 1 m. 16.

En gr

Par ailleurs, rien de spécial : cœur, poumon, abdomen normaux.

On institue d’abord un régime mixte réduit de 126 H.C. totaux associé à 10 U. d’insuline. La glycosurie disparaît.

La tolérance hydrocarbonée est de :

Puis une légère acétonurie apparaît : le Docteur Bith élève la dose d'insuline à 20 U. et le régime à 160 H.C. totaux.

La tolérance passe à :

En juillet 1927, nouvelles traces d’acétone dans les urines. On porte l'insuline à 30 U. Cependant le poids et la taille sont en progrès sensible, atteignant respectivement 22 k. et 1 m. 18.

En novembre, toujours ni glycosurie ni acidose.

Le poids est de 23 k. 5.

La taille de 1 m. 205.

On cherche à réduire l’insuline à 20 U., mais la glycosurie reparaissant légère, on doit la maintenir à 30 U.

En janvier 1928, traces de glycose dans les urines. Le régime comporte 156 H.C. totaux. La tolérance hydrocarbonée est sensiblement égale à :

En avril, la croissance se poursuit de façon très satisfaisante. Poids, 25 k. Taille, 1 m. 22.

On peut abaisser l’insuline à 20, puis 10 U. et augmenter le régime jusqu’à 182 H.C. totaux sans que la glycosurie reparaisse. La tolérance hydrocarbonée réelle passe successivement à :

182 — (20 X 1,25 — 25) — 157 et 182 — (10 X 1,25 — 12,50) — 169,50

La petite malade tousse un peu. On pense à une poussée gangionnaire légère du médiastin. En effet, l'examen radiologique montre une adénopathie hilaire droite. Mais elle va s’estomper par la suite.

En octobre 1928, état toujours satisfaisant.

Poids, 26 k.

Taille, 1 m. 27.

Réapparition légère de la glycosurie. On rétablit l’insuline à la dose de 20 U.

Tolérance hydrocarbonée apparente un peu inférieure à :

Puis la glycosurie légère persistant, on réduit le régime à 147 H.C. sans modifier l'insuline. La giycosurie disparaît.

La tolérance réelle est de :

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