LE DIABÈTE RETENTIT SUR LA GROSSESSE
Avant la pratique de lInsulinothérapie, la grossesse était menacée d’accidents qui avaient bien des chances d’en interrompre le cours.
C'était d’abord l’hydramnios, parfois l’hydramnios aigu avec, pour la mère, menace de troubles respiratoires ou cardiaques.
C'était surtout la mort du fœtus avec risque d’infection rapide, et l’avortement.
L’avortement était la conclusion la plus commune.
Lorsque la grossesse parvenait au terme, le danger était la dystocie : en effet, il s'agissait, en général de très gros enfants, pesant jusqu’à 7 ou 8 kilogs.
On comprend le rôle traumatisant de cette dystocie, d’une part ses conséquences obstétricales que nous n’envisagerons pas, de l’autre son retentissement sur l’évolution du diabète, tel que nous l’avons vu.
L'enfant lui-même était rarement viable et succombait presque toujours, soit au moment même du travail, soit peu de temps après.
Autrefois, si la grossesse coupait court chez la mère à l’évolution du diabète dans la moitié des cas, l’enfant succombaïit in utero ou après la naissance dans les 2/3 des cas.
La découverte de lInsuline a considérablement amélioré le pronostic redoutable de lassociation diabète et grossesse, pour la mère comme pour l'enfant.
Aujourd’hui on est en droit d’espérer voir une diabétique bien traitée et bien surveillée grâce à une étroite collaboration du médecin et de l’accoucheur, mener une grossesse à terme et accoucher d’un enfant viable et sain se développant normalement.
MM. Marcel LABBéÉ et COUvVELAIRE en ont publié un cas des plus démonstratifs
I1 s'agissait d’une femme de 32 ans, Mme K... Issue d’une famille de diabétiques, elle avait pour la première fois présenté de la glycosurie au cours d’une deuxième grossesse, où l’on avait trouvé dans ses urines jusqu’à 60 gr. de sucre par
litre.