LES INFECTIONS EN GÉNÉRAL
Deux notions fondamentales sont à mettre en valeur :
1° L’hyperglycémie crée un excellent milieu de culture pour les infections microbiennes ;
2° Réciproquement les infections microbiennes provoquent l’hyperglycémie et entraînent une aggravation de l’évolution du diabète.
1° Les maladies infectieuses
Un grand nombre d'auteurs se sont accordé, depuis un certain temps, à reconnaître que les maladies infectieuses chez les diabétiques produisaient le plus souvent une augmentation du taux de la glycosurie, s’est-à-dire une poussée évolutive du diabète.
MM. Marcel LAaBBé et GENDRON ont publié, en 1914, l'observation très démonstrative à cet égard, d’une femme diabétique dont ils avaient vu, au cours d’une fièvre typhoïde, la tolérance aux hydrates de carbone préformés s’abaïisser à + 15, pour remonter, quelques mois plus tard, à + 150.
Mais si ces aggravations évolutives se montrent parfois transitoires, elles peuvent également être définitives.
Avant Père de l'insuline, il n’était pas rare de voir une maladie infectieuse bénigne, telle une fièvre éruptive de l'enfant, produire une évolution accélérée du diabète vers l’acidose grave et la mort.
MM. Marcel LaBBé et GENDRON ont vu, chez une enfant de 10 ans, atteinte de diabète avec dénutrition, une pneumonie aggraver le diabète : la glycosurie passe de 18 grammes par litre à 60 grammes. Cependant la fillette résiste à la pneumonie ; quelque temps après, elle prend une rougeole et en guérit encore. Mais, depuis lors, son diabète, devenu très grave, se complique d’acidose et elle meurt quelques mois après dans le coma.
On peut également rappeler, comme exemple typique, une observation de NAUNYN concernant un. enfant atteint de diabète grave et dont la glycosurie avait cessé par le régime. Une varicelle qui survint, fit, sans que le régime eût été modifié, revenir la glycosurie ; en même temps apparut une réaction de GERHARDT ; quinze jours plus tard, il y avait une glycosurie de 100 grammes et, quelques jours après, l'enfant mourait dans le coma.
Ainsi apparaît évidente l’action néfaste des maladies infectieuses sur l’évolution du diabète.
Inversement, il est logique de signaler que le diabète aggrave les maladies infectieuses en en exagérant, semble-t-il, la virulence.
Le cas de la malade diabétique atteinte de fièvre typhoïde, que nous avons cité plus haut, est encore tout à fait caractéristique à ce point de vue :
Bien que cette typhoïde se soit terminée par la guérison, elle a présenté des caractères de gravité notable et a été traversée par diverses complications :
La recrudescence de la fièvre avec réapparition de
taches rosées.
__ des hémorragies intestinales cédant au bout de
3 Jours.