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LE DIABÈTE STABLE ET NON ÉVOLUTIF

Il répond au diabète gras, bénin ou simple, ne s’accompagnant pas de dénutrition azotée, pourvu d’une tolérance plus ou moins élevée pour les hydrates de carbone, et dont le taux exprime le degré de la maladie.

On observe ce diabète à tout âge, mais davantage après trente ans. Il est préparé de longue main par la suralimentation, qui entraîne à la longue l'obésité. Il est toujours secondaire et lié à l’obésité.

Il est parfois associé à une autre affection procédant du même terrain : la goutte, la lithiase biliaire ou rénale, la néphrite hypertensive.

Il a souvent un caractère familial, mais seulement par mauvaise hygiène alimentaire.

S'il est mal traité, ce diabète abrège généralement l'existence.

Le malade est surtout menacé par des complications. Il ne meurt pas le plus souvent du diabète, il meurt d’une complication :

— Infection, en particulier infection cutanée.

Les abcès, les anthrax peuvent produire chez lui le

sphacèle des tissus.

Ils provoquent une poussée d’acidose capable d’entraîner le coma et la mort.

— Tuberculose pulmonaire

Elle réalise avec le diabète une association funeste. Elle constitue un facteur important de la mortalité des diabétiques.

— Artérite diabétique, en particulier artérite des membres inférieurs. Elle s’observe au cours d’un diabète déjà ancien et peut emporter le malade d’infection gangréneuse.

— Néphrite chronique hypertensive, complication également tardive, qui tue par urémie ou hémorragie cérébrale.

Les infections, la tuberculose et l’artérite sont vraiment des complications de l’hyperglycémie et du diabète.

La néphrite chronique hypertensive est une complication de la suralimentation ancienne.

S'il est bien traité, ce diabète est compatible avec l'existence la plus prolongée.

« Il n’est plus une maladie, mais une infirmité ».

Le régime alimentaire en fait en grande partie le pronostic : il donne au sujet toutes les apparences de la santé, et lui évite la plupart des complications. Il suffit à le maïntenir sans glycosurie, sans hyperglycémie et sans acidose, et ce sont là les conditions capitales de sa sécurité.

Bien mieux, sous l’influence de la réduction alimentaire précise, la tolérance hydrocarbonée est capable d'augmenter et le régime d’être élargi peu à peu.

Mais il faut se garder de prendre le silence du diabète pour sa guérison. La maladie n’est que masquée par le régime, et, dès qu’on le supprime, elle reparaît avec tous ses symptômes et tous ses dangers.

L’insuline n’a ici que des indications transitoires et limitées à certaines aggravations.

Les aggravations de ce diabète sont toujours provoquées : soit par un écart de régime, soit par une infection. Si une cure de jeûne ou de légumes verts intervient assez tôt pour dessucrer le malade et réduire son acidose, ces aggravations n’entraînent pas la mort et ne sont généralement que transitoires. Le diabète est réintégré dans son état antérieur.

Correctement traité, ce diabète reste en général fixé au même taux. Dans notre thèse, nous avons comparé, chez plusieurs diabétiques sans dénutrition, les valeurs de la tolérance aux hydrates de carbone à des années d'intervalle, et nous avons constaté qu’elle demeurait identique ou à peu près identique.

Ce diabète mérite donc bien le nom de diabète stable et non évolutif.

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