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Dans plusieurs pays, la lutte contre la tuberculose se borne, ou à peu près, à un violent combat contre l’alcoolisme. Suède, Norvège, Finlande, Russie, Pays-Bas, Suisse ont pris, à cet égard, des mesures fort sévères et, le plus souvent, suivies d'effet.
Il ne nous est tout de même pas possible de passer sous silence l’énergique action du Danemark contre la tuberculose. Qu'il s’agisse de lutte contre l’insalubrité des logis, * d’encouragements -à la construction de. logements ouvriers, de campagnes anti-alcooliques, la part du Gouver- nement est grande; le Trésor danois consent aussi d’énormes sacrifices en faveur des hôpitaux marins, des sanatoria, des hôpitaux pour tuberculeux, ete. Cet Etat à également adopté une loi sur la déclaration obligatoire de la tuberculose. Voilà, en quelques mots, ce que le Gouvernement d’un petit peuple ose faire contre la tuberculose.
$ IT. — Ex France
Nous venons d'étudier rapidement ce que les principaux Etats ont fait pour se préserver de cette terrible maladie qu'est la tuberculose. Nous allons voir maintenant ce que notre Gouvernement a fait dans les mêmes ordres d’idées.
Hélas ! nous sommes obligé de convenir par avance que l’hygiène publique, en France, est une façade derrière laquelle il n’y à rien, ou, du moins, bien peu de chose. Avec le professeur Landouzy, nous dirons: ( Pour parler seulement de la France, est-ce que chez nous on pourrait dire que l’esprit public se soucie suffisamment de la maladie sociale? Combien, chez nous, l’esprit public est, à cet égard, loin de l’émotion qu'il ressentit naguère à la venue du phylloxera. Combien serait défavorable la comparai-
son que nous pourrions faire entre la manière, parfois draconienne, dont l’administration, l'Etat, la loi se sont, chez nous, attaquées à la terrible épiphytie importée d’Amérique, et la lutte engagée contre la phtisie! Où, quand, sous quelle forme, par le moyen de quels subsides, — en : dehors des initiatives privées, — a-t-il été organisé scientifiquement, suivant un plan d’ensemble, quelque chose contre la tuberculose humaine? Et pourtant, la tuberculose nous a coûté, au bas mot, cinq millions de vies humaines depuis 1867. »
L’on ne peut pas dire que rien n’ait été tenté en France pour faire l’éducation du publie en matière de tubercu-
lose. Ce qui a été entrepris dans ce sens est infiniment peu et le public auquel on s’est adressé est beaucoup trop restreint. L'Etat lui-même s’est désintéressé de cette question, et les efforts tentés dans ce sens l’ont été par les dispensaires; nous verrons, par la suite, que ces œuvres ne
visent que le tuberculeux, le suspect et son entourage. Les
mesures générales manquent done, et il ne faut pas s’étonner après cela de l’existence de certains préjugés ; nombreux sont ceux qui, partant de cette idée fataliste: (on ne guérit pas les poitrinaires », se laisseront aller au désespoir le jour où, malheureusement, ils seront atteints de ce
. mal, qui, dans leur esprit, ne pardonne pas. Aussi, on fuit
le tuberculeux, on quitte les lieux qu’il habite ou fréquente, partout on s’écarte soigneusement de lui et ainsi le poitrinaire est traité comme un pestiféré; voilà ce qu’il faut éviter ; il faut, au contraire, apprendre à tous, jeunes gens, jeunes filles, ouvriers, employés, soldats, bourgeois, etc. quelles mesures d’hygiène permettent d'éviter la tuberculose, quelles précautions hygiéniques rendent un tuberculeux inoffensif pour son entourage et pour la société.