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berculeux. Depuis longtemps, d’ailleurs, des combinaisons étaient à l’étude pour ici construire de nouveaux bâtiments, là modifier, améliorer, réparer les anciens. Ces projets firent l’objet de nombreuses discussions, de nombreux rapports au sein de commissions et de sous-commissions, qu’il ne rentre pas dans notre plan de dénombrer ici.
En fin de compte, la conclusion était que les ressources faisaient défaut et qu’il fallait s’arrêter à une solution qui répondit à la fois aux exigences de l’hygiène prophylactique et aux disponibilités des budgets.
La partie droite du vieil hôpital Laënnec fut désignée pour cette nouvelle affectation. La transformation en fut si heureuse que cet établissement hospitalier si ancien offre l’aspect d’un hôpital confortable, moderne, spacieux, et parfaitement adapté aux besoins des tuberculeux. L'’ingéniosité de l’architecte, M. Belouet, sut tirer. parti de tout; grâce à la hauteur anormale des salles du rez-de-chaussée, on put aménager des baies de 4 m. 50 de haut, réalisant ainsi une aération et un éclairage parfaits. On créa des annexes pour l'installation d’offices, vidoirs, de water-closet, de salles de repos et de réunion. Partout: ie sol fut établi en grès et en cérame. A la partie de ce bâtiment en forme de croix, on établit des cabinets de surveillantes. Au troisième étage, fortement mansardé, fu- rent établies de confortables chambres d’infirmières.
Une telle organisation, au point de vue des locaux, devait, à coup sûr, entraîner une bonne organisation des services médicaux. Dès le mois de décembre 1910, deux services étaient crés, comportant l’un (docteur Léon Bernard) une salle de femmes de 25 lits (salle Piorry), deux salles d'hommes de 2%lits (salle Chomel) et de 26 lits (salle Louis), l’autre (docteur Rist) deux salles d’hommes de 28 lits (salle Broca) et de 27 lits (salle Legroux), deux sal-
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les de femmes de 27 lits (salle Monneret) et 23 lits (salle Claude-Bernard) ; une salle de 27 lits, femmes (salle Ques-
nay), était rattachée à la clinique médicale de Laënnec et
il était admis que la crèche de ladite clinique (18 lits et 18 berceaux, salle Guersant) ne devait recevoir que des mères tuberculeuses avec leurs.enfants ou des enfants tuberculeux allaités par leur mère. Chaque service spécialisé a été pourvu d’un laboratoire individuel.
Les lits de ces différents services sont réservés aux malades de la circonscription de l’hôpital Laënnec, dont les autres services ne doivent recevoir aucun tuberculeux; on réalise ainsi un isolement complet. Il est inutile d’a- Jouter que, dès l’ouverture de ces services spécialisés, les lits furent rapidement occupés. Le mode de recrutement par circonseription n’est pas d’ailleurs une règle formelle et inflexible, et le médecin, — chef de service au dispensaire et dans le service, — a une certaine latitude pour admettre dans ses lits quelques malades n’appartenant pas au territoire de Laënnec, soit en raison d’un traitement commencé au dispensaire, soit en vue d’attendre le départ pour l’hôpital suburbain.
C’est dans ces services que l’on hospitalisera tous ces malheureux bacillaires dont l’état présent exige des soins constants, une surveillance étroite, et qui peuvent être assimilés à des aigus.
Nous n’avons pas encore parcouru tous les moyens d’action du Dispensaire Léon-Bourgeoïis, et déjà nous apercevons parfaitement son rôle important dans la lutte antituberculeuse. Suivant l’état du malade qui se présente au médecin du dispensaire, cette organisation, que nous préconisons comme un type d'organisation pratique, le dirige vers ses services d’assistance externe et de prophylaxie, vers sa galerie de cure, soit encore vers l’hôpital subur-
bain ou le sanatorium, quelquefois après un court séjour dans les services de Laënnec. Entre ces divers éléments d’une même organisation, c’est un échange permanent de malades, et il est facile de comprendre combien il était nécessaire de grouper, sous une impulsion unique, ces services multiples et quels bons résultats naîtraient de cette unité de direction.
b) L’Hôpital Suburbain. — Les salles réservées aux tuberculeux, salles que nous venons de citer dans le paragraphe précédent, étaient destinées aux malades assimilables aux malades aigus. Si parfaite que pouvait être leur disposition, si complète que pouvait être l’hygiène, ces salles ne pouvaient permettre aux chefs de services le & séjour à la campagne » souvent si utile dans la cure de la tuberculose.
C’est pour combler cette lacune que, dès 1903, le, programme de l’Assistance publique (programme auquel se rattache en somme toute l’organisation de la lutte antituberculeuse) prévoyait un établissement spécial de cure à la campagne. La localité choisie fut Brévannes, et l’on peut dire que le choix fut des plus heureux; situé sur un plateau d’altitude moyenne, protégé par des bois étendus, ce nouvel hospice répondait bien au but qu’on lui assignait. Ce quartier de tuberculeux est, en outre, un des plus importants, puisqu'il groupe, en deux pavillons (hommes et femmes), le total de 500 lits. Chacun de ces pavillons comporte trois étages, rez-de-chaussée, premier et deuxième étages comprenant un groupe de deux salles, 16 et 24 lits, de chaque côté de l’escalier et de l’ascenseur centraux, et, de part et d’autre, des services généraux, water-closet, lavabos, vidoirs, cabinets de surveillants et deux chambres d’isolement.
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Sans nous attarder davantage à la description de cet établissement, il nous faut aborder un point qui est ici particulièrement intéressant: le recrutement des malades de ces quartiers. Ce fut l’occasion de nombreuses discussions. Dès le début, des incidents se produisirent: les divers services hospitaliers avaient cru pouvoir évacuer à Brévannes les tuberculeux aigus, le plus souvent. irrémédiablement atteints. Une réglementation était nécessaire, et elle intervint assez rapidement, délimitant les malades pouvant utilement bénéficier d’un séjour dans cet établissement intermédiaire entre le sanatorium et l’hôpital « où l’on ne vient que pour mourir ». La délimitation était assez malaisée à faire, mais l’on parvint tout de même à trouver une formule heureuse qui ne paralyse point trop l’action du chef de service, tout en étant bien limitative. On convint donc qu’un tuberculeux ne pourrait être admis à Brévannes qu’autant que le chef de service certifierait que le malade « n’est point en période d'évolution aigué, qu'il n’est pas obligé de garder le lit, qu’il peut bénéficier d’un séjour à la campagne de deux à trois mois, et qu’il peut voyager sans être transporté en brancards ». C’est Jà une formule à retenir; l’hôpital suburbain de Brévannes ne doit pas, en effet, être offert aux tuberculeux du premier degré; ses ressortissants sont atteints sérieusement, mais il faut qu'ils confirment l’amélioration qu’un traitement leur a procurée, soit à l’hôpital soit à domicile. Le rôle de l’hospice de Brévannes se précise de plus en plus : améliorés par un traitement, à l'Hôpital ou à domicile, ces malades ne peuvent, sous peine de rechute, reprendre leur vie habituelle, l’atelier, le bureau, avec toutes ses conséquences, malheureusement trop répandues, d’alcoolisme, de mauvaise alimentation, d'hygiène déplorable. Cette amélioration, a, en quelque sorte, besoin d’é-