‹ L'Évolution du dispensaire antituberculeuxChapitre 6 sur 41 · décès dus à la bronchite aiguë · texte numérisé non relu

décès dus à la bronchite aiguë

18.389 — à la bronchite chronique; 38.708 —- à la pneumonie; k 42.069 — à d’autres affections de l’appareïl res-

piratoire.

Ce total imposant de 115.781 décès dus à des affections pulmonaires, autres que la tuberculose, doit nous faire réfléchir. Et, pour des méüecins habitués à regartler le danger en face et à ne pas se leurrer de'mots, il est évident que, sous- ces diverses rubriques, se cachent des phtisies : innomées.. Nous savons tous les considérations d’ordres variés qui nous font classer hors du chapitre € tuberculeux » des décès qui lui sont imputables. Pour le docteur Dieupart, l’on peut considérer qu’un tiers de ces décès, portés sous une rubrique où la tuberculose est étrangère, relèvent du bacille de Koch; on voit alors que le chiffre

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donné autrefois par Brouardel n’est pas aussi exagéré qu’on le pensait. Qu’après cela, on ne vienne pas nous dire que la tuberculose recule. |

Autrefois inconnue à la campagne, la tuberculose y étend maintenant ses ravages. Tous les médecins de villages nous disent combien la phtisie est fréquente de nos jours, et l’on vient nous dire: elle diminue! N’en croyons rien.

Consultons des statistiques d’un autre ordre, et examinons les exemptions du conseil de revision. En 1904, la France militaire notait que, sur 25.500 exemptés, il n’y en avait que 1.600 pour faiblesse de constitution, qu’on pourraït appeler, sans craindre de trop se tromper, prétuberculose. En 1909, sur 29.607 jeunes gens jugés impropres au service militaire, on en compte 4.793 qui ont été exemptés pour tuberculose, 4.499 pour faiblesse de constitution. En 1912, le nombre d’exemptés diminue: 23.995 exemptés au lieu de 29.607, soit 5.612 de moïns ; malgré cette diminution d’inaptes au service, on retrouve toujours 4.000 exemptés pour tuberculose (dont 2.800 pour tuberculose pulmonaire) et 4.500 pour faiblesse de constitution. Encore une fois, où donc est la diminution?

Dans une étude, de Loewenthal sur la « Tuberculose dans la marine française », nous trouvons des statistiques visant certains départements, et qui confirment pleinement celles citées plus haut par Dieupart pour les .exemptés de l’armée de terre. ;

Pour 1.000 conscrits déclarés impropres à tout service, le Calvados comptait 105 tuberculeux en 1891 et 185 en 1901 ; la Manche comptait 68 tuberculeux en 1891 et 83 en 1901; l’Orne comptait 72 tuberculeux en 1891 et 120 en 1901; l’Eure comptait 80 tuberculeux en 1891 et 129 en

La moyenne de ces quatre départements était donc, en

14 fe Me 1891, de 80 tuberculeux pour 1.000 exemptés; elle était, en 1901, de 126 tuberculeux.pour le même nombre d’exemptés. Nous ne trouvons pas davantage de diminution ici qu'’ailleurs.

Si l’on consulte maintenant les tables de mortalité parisienne, on constate que le nombre des décès par tuberculose (pulmonaire ou autre), qui atteignait en 1880 le chif- . fre de 11.023, arrive en 1885 à 11.674, et en 1891 à 12.430. La progression ici encore est manifeste.

Mais les dernières années, nous dira-t-on, ont sans doute donné des chiffres inférieurs. Empruntons encore à l’article de Dieupart les résultats de ses recherches et nous aurons là une réponse nette à cette objection. Les recherchs du docteur Dieupart ont porté sur vingt semaines de 1911, dix semaines de 1912, 22 semaines de 1918.

Dans les vingt semaines de 1911, on relève 20.355 décès, dont 4.514 par tuberculose et 2.290 par maladies de l’appareil respiratoire, autres que la tuberculose. En établissant des moyennes, on aurait, pour l’année 1911, le total . de 52.923 décès dont 11.736 par tuberculose et 5.954 imputables aux diverses maladies pulmonaires, soit une morta- Jité totale pulmonaire de 17.898 décès.

Pour 1912, en établissant des moyennes basées sur la mortalité de dix semaines choisies au hasard, on trouve un total général de 50.705 décès dont 12.167 relèvent de la tuberculose et 7.415 des autres maladies pulmonaires; la mortalité totale pulmonaire atteint, en 1912, le chiffre de 19.588 décès.

Pour l’année 1913, les moyennes ont été établies d’après la mortalité de vingt-deux semaines (du 1* janvier au 31 mai inclus). Le nombre total des décès atteint le chiffre de 55.952 ; la tuberculose s'inscrit pour 13.884, les affections

ALIN AR pulmonaires pour 9.048, la mortalité pulmonaire totale pour 22.932 décès. s |

Nous avons vu qu’en 1880, la tuberculose faisait 11.023 victimes ; en 1891, elle en faisait 12.430; en 1913, ses victimes sont au nombre de 13.884, et encore laissons-nous ici de côté les décès par tuberculose égarés dans la rubrique des décès par affections pulmonaires.

Voilà ce que donnent les statistiques. Le raisonnement ici est brutal; il meurt tant d'individus par année, sur ce tant, æ meurent de tuberculose, x du poumon. Cela prête moins à la discussion. Sur 20.000 décés : 5.000 par phtisie, 3.500 par poumons. Il n’y a pas là à discuter, c’est une réalité.

T1 faut donc en revenir! La tuberculose ne diminue pas. F'e; ait-ce à dire que l’on n’a rien tenté en France pour éviter une aussi effroyable mortalité. Non, la lutte antituberculeuse a été entreprise en France; après une courte étude comparative de l’armement antituberculeux chez nous et à l’étranger, nous étudierons le rôle que peut jouer, dans la lutte antituberculeuse, uñ instrument de conception française, le dispensaire antituberculeux, et nous en montrerons l’évolution vers un type définitif.

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