L — A L'ÉTRANGER
I. Ex Anccererre. — L'organisation antitubereuleuse de l’Angleterre est des plus complètes. La propagande et l’éducation générale ont été l’objet d’un effort considérable. C’est à la & National Association for the prevention ‘of consumption » que revient le mérite d’avoir créé, en 1908, un mouvement en faveur de l’hygiène par des conférences et par la publication d’un organe officiel, Tuberculosis, périodique très complet et de lecture facile pour tous ‘où/collaborent de nombreuses sommités médicales. La presse suivit rapidement cette impulsion, et ainsi l’hygiène se trouva rapidement vulgarisée.
La lutte contre les logements insalubres est également bien conduite par l’Angleterre qui, la première, jeta le eri d’alarme contre les taudis. Assainir les villes par la destruction des maisons insalubres et même de quartiers entiers, encourager la construction de maisons ouvrières, tels sont les deux objectifs que la législation anglaise s’est efforcée d’atteindre. Divers « acts » (Artisans and labourers divellings improvement acts, 1875; Torrens acts), remaniés et fondus dans une loi du 18 août 1890, modifiée le 24 août 1894, donnent aux municipalités le droit d’abattre les maisons insalubres, parfois des îlots entiers, sans in- À demnités pour les propriétaires, et avec la seule obligation d’assurer un logement sain aux locataires expulsés. D'autre part, un ensemble de loi sur les « Buildings Socie-
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ties » (Caisses d’épargne qui procurent des maisons à leurs membres) favorise la construction de maisons ouvrières.
Les ( Labouring Classes bodying houses acts » stimulent les paroisses et les municipalités de villes de plus de dix mille habitants à construire des maisons salubres; des encouragements dans le même sens s’adressent aux particuliers et aux personnes morales privées, et ont, d’ailleurs, suscité un grand mouvement. L'Etat anglais luimême contribue à cette lutte contre l’insalubrité des logis par des prêts à longue échéance, consentis à des groupements divers, pour leur faciliter la construction de loge- : ments ouvriers. |
Parmi les moyens qui s’offraient à elle, pour enrayer les progrès de l’alcoolisme, l’Angleterre a décidé la création d’un impôt sur l’alcool. Les résultats ici furent moins heureux, et si la consommation d’alcool a diminué en Grande-Bretagne, on le doit moins à la taxe formidable (près de 500 francs par hectolitre d’alcool pur) mise sur l’alcool, qu'aux ligues d’abstinence qui comptent plus de 5.000.000 d’adhérents et peuvent faire ainsi une guerre efficace à ce fléau. |
L’Angleterre a aussi cherché à améliorer la situation hygiénique, si souvent lamentable, des travailleurs à domicile; des lois votées en 1891, 1895, 1901 obligent les patrons, qui emploient cette catégorie d’ouvriers à fournir, deux fois par an, une liste (avec noms et adresse) de . leur personnel travaillant au dehors. De la sorte, l’autorité peut surveiller les logements de ces travailleurs et les faire désinfecter. Il est, de plus, interdit à un patron de donner de l’ouvrage à faire dans une maison où se trouve un malade contagieux soumis à la déclaration. Aïnsi, un
contrôle utile peut être fait dont l’efficacité ne fait pas de doute.
C’est seulement en 1911 que l'Angleterre commença à s'intéresser à l’assurance contre la maladie sociale, qui donnait en Allemagne, nous le verrons, d’excellents résultats. Un projet de loi fut même voté en ce sens, sous l’impulsion de M. Lloyd George. D'autre part, l'Etat anglais dépense, pour la santé dé sa population enfantine et adolescente, des sommes énormes, que lui coûte l’entretien de ses cités, jardins, de ses promenades: « les Poumons de . Londyes », Hyde Park, Regent Park, Victoria Park.
Une lutte antituberculeuse aussi énergiquement conduite ne pouvait que se compléter par des mesures visant la déclaration de la tuberculose. Les dispositions légales sur ce point varient suivant les divisions administratives. En Angleterre et dans le pays de Galles, la déelaration de la tuberculose est obligatoire depuis 1912. En Ecosse, déclaration facultative à Edimbourg (1903),— possibilité pour les villes d’adopter la déclaration obligatoire (1906) ; en Irlande, plusieurs municipalités ont adopté la déclaration obligatoire, mais avec des restrictions, seuls y sont soumis les malades expectorant des erachats bacillaires et vivant dans des conditions telles qu’ils constituent un danger.
L’Angleterre possède, en outre, toute une série d’établissements hospitaliers destinés aux tuberculeux: dispensaires (type Calmette ou type d’Edimbourg se rapprochant de l’Office antituberculeux Siegfried-Robin), infirmerie des Workhouses (asiles de pauvres), hôpitaux spéciaux pour tuberculeux, hôpitaux d'isolement, hôpitaux pour cas avancés, sanatoriums, colonies de travail. Il existe également des colonies de vacances et des écoles dè plein air. He