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LA FORGE SE MODÉRANT ELLE-MÊME

qui S'établit entre eux. Cette capitulation devant la contrainte, c'est l'affirmation de leur être propre. Le roquet qui fuit la lutte et abandonne son os au mâtin, conserve sa vie par le sacrifice de sa proie. La force affirme un but personnel, en déniant en principe, et en maîtrisant en fait, le but d'autrui. La contrainte renferme la conciliation entre ces deux buts, amenée par la réflexion et la soumission de l'être menacé. L'animal possède le degré de réflexion nécessaire pour comprendre la menace et la nécessité de s'y soustraire. C'est ainsi que la nature permet au plus faible de vivre à côté du plus fort. A celui qui est impuissant à se défendre, elle donne, comme compensation, l'intelligence de se préserver de l'attaque.

Cette contrainte dont nous venons de parler, c'est la contrainte propulsive. Elle est si générale dans 'le monde animal, que l'on serait tenté de croire qu'il n'en existe pas d'autre. Mais dans ce règne apparaissent également des cas isolés de contrainte compulsive. Le plus intéressant est celui des expéditions guerrières des fourmis : toute une tribu, rangée en ordre de bataille, sous la conduite de ses commandants, entre en campagne contre une tribu voisine; le vaincu n'est pas détruit, il est réduit en esclavage et contraint de travailler pour le vainqueur.

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