‹ L'évolution du droitChapitre 125 sur 233 · Premier degré. — L'acte réel bilatéral. — Le · texte numérisé non relu

Premier degré. — L'acte réel bilatéral. — Le

contrat d'échange on de vente, avec exécntion immédiate (donnant donnant), représente, tant au point de vue économique que juridique, la forme la plus simple du contrat. L'ancien droit romain ne signale en cette matière que la vente solennelle (la mancipatio) . L'échange n'y possède pas de forme particulière qui lui soit propre; la phase de l'échange apparaît déjà terminée dans le droit des contrats.

127. Deuxième degré. — L'acte réel unilatéral elfectif. — Le prêt solennel, sous forme de nexum, est le premier cas avéré d'une obligation tendant à une prestation future. Il est caractérisé par l'exécution personnelle immédiate qui s'y rattache. Nous pourions l'appeler une lettre de change du débiteur, tracée sur lui-même. La force obligatoire du mot que doit prononcer ici, comme partout dans l'ancien droit, celui qui entend faire résulter un droit de l'acte conclu, repose sur le fait d'une prestation préalable de sa part.

A cette forme solennelle du prêt, se rattachent ensuite le prêt sans formes, et dans le cours ultérieur du développement, les autres contrats réels, nommés et innommés. Tous s'en tiennent à l'antique conception romaine, que la parole seule, soit la sienne, soit celle d'autrui, n'oblige pas le débiteur. Il n'est lié que lorsque la parole et la prestation marchent de pair. C'est pourquoi, dans les contrats réels innommés, celui-là seul qui s'est exécuté peut exercer une action; jusqu'au moment de cette exécution le contrat n'oblige aucune des parties. La prestation réelle peut seule rendre la parole juridiquement efficace.

128. Troisième degré. — L'acte réel unilatéral fictif. — Partie de cette base, l'obligation se développe. Elle s'en tient extérieurement à la forme primitive ; en réalité elle s'en dégage. Le nexum en offre le premier exemple. L'ancien paiement effectif (pesage), ne devient plus qu'un simple acte apparent. Celui qui en réalité n'avait rien reçu, créait une

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