‹ L'évolution du droitChapitre 140 sur 233 · NÉCESSITÉ DE LA SUPRÉMATIE DU POUVOIR PUBLIC · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE LA SUPRÉMATIE DU POUVOIR PUBLIC

génération profite aux générations suivantes, et souvent, déjà, la bénédiction du petit-fils efface la malédiction de l'aïeul.

La tendance des États vers leur expansion, c'est-à-dire la conquête, est la protestation de la Société contre les bornes territoriales qui lui sont imposées par l'organisation de la contrainte sociale. L'humanité ne nous présente aucune époque, où un peuple, dans la plénitude de sa vigueur, n'ait sacrifié à cette tendance. L'avenir la détruira-t-elle? Qui oserait en répondre? Si le court passé de l'humanité — il est court, eût-il cent mille années d'existence — si ce court passé permet de conclure à l'éternité ouverte devant elle, l'avenir semble réserver à la race humaine de voir l'État se rapprocher de plus en plus de l'image de la Société, Ajoutons cependant que l'idée d'un État universel, embrassant l'univers entier, sous la forme d'un pouvoir unique absorbant et régissant, comme des provinces, tous les États particuliers, ne nous apparaît que comme une utopie de philosophe. Le penseur peut mener ses idées jusque dans leurs dernières conséquences. L'humanité l'a moins aisé à pousser les faits aussi loin.

L'organisation de la contrainte sociale se présente sous deux faces : l'établissement du mécanisme extérieur de la force, et celui des principes qui en règlent l'usage. Le pouvoir public accomplit l'un, le droit l'autre. Ces deux notions se complètent l'une l'autre; le pouvoir public doit recourir au droit, le droit a besoin de l'assistance du pouvoir public.

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