MÉCANISME DU VOULOIR ANIMAL
vitales, indispensables pour la conservation de son existence. Ce sont cependant deux faits essentiellement différents. La respiration est involontaire : elle a lieu même pendant le sommeil. Boire est un fait volontaire: dans l'état de sommeil, il ne peut avoir lieu. La nature elle-même s'est réservé cette première fonction, que gouverne exclusivement la loi de causalité; elle a dévolu l'accomplissement de l'autre à l'animal : celle-ci s'exécute à l'aide d'un acte de volonté, elle est soumise à la loi de finalité. En excitant la soif, la nature révèle au chien le charme de hoire; mais si impérieux qu'il soit, une force supérieure peut le vaincre : un chien bien dressé ne boit pas sans la permission de son maître.
Gela revient à dire : l'animal boit spontanément. La spontanéité est donc le premier élément du fait de boire.
Si l'on demande pourquoi l'animal boit, la première réponse qui viendra à l'esprit sera qu'il boit parce qu'il a soif. Mais nous avons déjà constaté l'inexactitude de cette réponse (p. 8). Si le boire comporte un véritable acte de volonté de la part de l'animal, de par la loi de finalité établie au chapitre précédent, il ne boira pas parce que, mais seulement afin que.
Faudra-t-il donc dire que l'animal boit dans un but de conservation propre? Cela est à la fois vrai et faux. La chose est vraie si on se place au point de vue du but de la nature. En créant l'organisme animal, la nature a fait du boire un élément indispensable au but de la conservation de l'existence. Mais ce but de la nature n'est pas celui que l'animal se propose. L'accouplement des animaux est également indispensable pour la réalisation du but de la nature, mais l'animal qui s'y livre n'a pas pour but la conservation de son espèce; il suit simplement l'impulsion qui le pousse il veut apaiser un malaise qui le tourmente. Dans les deux cas, quand il boit et quand il s'accouple, l'animal obéit au but de la nature, mais il ne lui obéit qu'en se satisfaisant lui-