MÉCANISME DU VOULOIR ANIMAL
La relation de finalité ménage la transition entre la raison de la volonté et le but. Le malaise qu'éprouve l'animal (la raison de l'impulsion imprimée à sa volonté), éveille en lui le désir de mettre fin à cet état (c'est la première manifestation du but). Il reconnaît dans l'eau le moyen d'atteindre ce but (relation de finalité) : et ainsi le vouloir, jusqu'à ce moment indécis, acquiert une direction déterminée. L'état intérieur du sujet, dans cette phase du processus de la volonté, s'appelle le sentiment de dépendance.
Quand l'animal a bu. le but est atteint, le rapport de dépendance où il s'est trouvé vis à-vis de l'eau cesse. Non seulement il cesse, mais un rapport contraire s'établit. Jusqu'à ce moment l'eau avait pouvoir sur l'animal, elle le déterminait; c'est elle maintenant qui est au pouvoir de l'animal, elle est devenue la chose voulue par lui, la chose à son service, c'est-à-dire un moijen d'atteindre son but. La notion de moyen emporte donc une idée de dépendance du sujet par rapport à un but déterminé.
L'examen de l'évolution de la volonté chez l'animal, avec en plus les éléments du fait extérieur, expliqués ci-dessus (]). 15), nous en a fourni les caractères essentiels que nous pouvons formuler de la manière suivante: (i) cessation (2) d'un rapport de dépendance immanent au sujet, (3) par ses forces propres, (4) au moyen d'une action sur le dehors.
Si le troisième et le quatrième élément de cette formule (détermination propre et fait extérieur) sont sans intérêt ultérieur au point de vue de la comparaison du développement de la volonté chez l'homme et chez l'animal, les deux premiers n'en ont qu'une importance plus grande. Il semble s'en dégager cette règle : la raison et le but de la volonté ont leur siège dans l'animal même; la volonté part de l'animal et retourne à lui, en d'autres termes: l'animal agit exclusivement pour lui-même.
Cette règle est-elle vraie ? Elle a sa source dans un fait