VIII PREFACE
je rêve : j'ai mis tout mon moi dans cet ouvrage : ce n'est pas seulement un fragment de moi, c'est mon moi scientifique tout entier, et je publierai le livre, dussé-je même être certain de son insuccès.
25 décembre 1880. — Plus j'y travaille, plus mou thème se développe : il devient une sorte de Philosophie du Droit, l'exposé de toute une science sociale. J'avais projeté d'écrire une brochure, et j'ai déjà composé deux volumes:" Mon esprit 'souffre à être à la recherche constante de l'expression juste...
26 juin 1882. — Mon sujet m'emporte, je n'en suis plus le maître : je deviens l'esclave de mon livre. Je suis comme un voyageur explorant une contrée inconnue, enregistrant toutes mes observations, toutes mes découvertes, ayant la pleine conviction que je rends service à la science. Si j'étais mou propre successeur, si bien des choses que je crois devoir dire avaient été dites déjà, je pourrais abréger mon œuvre, et mettre plus d'art dans l'arrangement de mon discours. Mais il en est de ce travail comme de mon livre de V Esprit d a Droit Romain. J'ai dû sacrifier le plan méthodique à la nouveauté de mes découvertes. J'ai la conscience de ce défaut déquilibro. et il me tourmente. Je me propose toujours dètre bref mais je croirais manquer de justice en ne développant pas complètement chaque idée nouvelle, de façon qu'elle marque bien son empreinte. On pourra m'approuver ou me combattre, mais il ne sera pas permis de ne pas prendre position.
30 avril 1883. — Cet ouvrage ci, et non l'Esprit du Droit Romuin, contient le résultat de toute ma vie scientifique. On ne le comprendra que lorsqu'il sera terminé. 'L^ Esprit du Droit Romain n'en est, dans ma pensée, que la préparation. Mais V Esprit du Droit Romairi devait être écrit pour pouvoir entamer cette étude-ci, dont l'élaboration renferme ma suprême mission scientifique.
(ZWECK IM RECHT)