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CRÉDIT DE CONSOMMATION ET CRÉDIT COMMERCIAL

du prix de vente est payée ; l'autre, en général la plus forte, reste productive d'intérêts, assurée sur l'immeuble, avec réserve de la propriété, ou moyennant une hypothèque. Le vendeur fait à l'acheteur l'avance de la somme que celui-ci devrait obtenir d'un tiers : il devient prêteur. Nous rencontrons là le cas du crédit réel, par opposition à celui du crédit personnel. Du crédit dans le sens de confiance, il n'a rien. En exigeant des sûretés réelles, le vendeur témoigne qu'il ne suit pas la foi seule de l'acheteur. Il consent à lui prêter (credere dans le sens économique), mais il ne se fie pas à lui (credere dans le sens moral). Sous ce dernier point de vue, dans la vente faite par l'homme privé, la dation de crédit est chose exceptionnelle. Il ne fera pas crédit une seule fois, sur mille cas où le marchand y consentira. C'est que l'homme privé veut être sûr de son affaire ; c'est son droit, et même son devoir. Il ne vit pas de la vente comme le marchand. Celui-ci, pour augmenter son trafic, est forcé de recourir à cet artifice. Il regagne, sur la masse de ses affaires, la perte qu'il éprouve dans un cas particulier. Elles l'obligent à consentir au crédit, et elles compensent ses pertes avec ses bénéfices. Le marchand est son propre assureur.

Par rapport aux personnes auxquelles on accorde crédit, il faut distinguer entre le non-commerçant et le marchand. En ce qui concerne le donneur de crédit, il n'y a pas là de différence essentielle; il cherche toujours à rendre possible une transaction qui, sans crédit, ne pourrait se conclure; toujours il court un risque, seulement celui-ci grandit lorsqu'il traite avec le marchand. Il en va tout autrement du preneur de crédit, et ici nous avons à distinguer entre le crédit de consommation et le crédit commercial. Le besoin momentané de la chose donnée à crédit, fournit le motif et la mesure du crédit de consommation. Celui-ci ne suppose pas régulièrement un manque de ressources. L'économie

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domestique est, et doit être, réglée de telle sorte, qu'il ne faille pas de crédit chez le boutiquier, le boulanger, le boucher, etc. — Le bon père de famille ne fait pas de dettes; il ne demande ni n'accorde crédit. Le paiement comptant est le principe de la bonne économie domestique. La nécessité de recourir au crédit témoigne d'un trouble dans la conduite des affaires domestiques.

91. Avantages du crédit commercial. — En matière de crédit commercial, la situation est toute autre. Il ne s'agit plus de se procurer une chose pour satisfaire son propre besoin, mais pour opérer la revente de cette chose. Un bon commerçant, sans perdre ce nom, peut prendre du crédit. Il le doit même; il ne serait pas commerçant, s'il ne savait faire servir le crédit au succès de ses opérations. La vente des marchandises doit lui permettre de couvrir ses achats : il doit acheter au delà de ses ressources immédiates. Sa profession est basée sur le crédit. La mesure de son crédit est le critérium de sa valeur et de son importance commerciales. L'opposition entre l'état normal de l'économie domestique et de Téconomie commerciale se caractérise par ces deux mots : paiement comptant et crédit.

Le crédit n'atteint son épanouissement complet que dans le domaine commercial. Celui qui gère bien son patrimoine, et qui ne jouit que d'un revenu annuel de 1,000, ne dépassera pas, par an, un crédit de 1,000. Mais un négociant dont les affaires prospèrent, à la tête d'un actif de 10,000, conclura des marchés de 100,000, et davantage. Le crédit commercial n'a pas pour but, comme le crédit civil, de contrebalancer les besoins et les ressources du moment. Il doit permettre à l'homme d'affaires d'user de capitaux étrangers, en vue de ses spéculations. Nous pouvons le nommer : le crédit de spéculation. Les marchandises livrées sans paiement à l'homme d'affaires représentent pour lui un emprunt de capital; le crédit qu'il obtient l'habilite à fournir sa prestation

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