‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 114 sur 406 · J. Hayps, La Mer libre du pôle, p. i48-iiii · texte numérisé non relu

J. Hayps, La Mer libre du pôle, p. i48-iiii

II« l/ÉYOLl'TION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE.

De même au Groenland le (iancé enlève ou fait enlever sa fiancée; et, dans ce dernier cas, il a recours au ministère de d(»ux ou trois vieilles femmes*.

Chez les Indiens du Canada, où il y a parfois un vrai marinf»:e conclu devant le chef de la tribu, quand celui-ci a prononcé la formule matrimoniale, « le mari se relounie, se baisse, prend sa femme sur son dos et la porte jusqu'à sa tente aux acclamations des spectateurs* >.

Des tribus peaux-rouges, observées par Lalitau, symbolisaient le rapt jusque dans les relations intimes entre jeunes époux; c'était de nuit que le mari devait s'introduire dans le wii^wam de sa femme; il eût commis une grave inconvenance en se permettant d'y pénétrer le jour^.

Dans l'ancien Guatemala, où les mariages se célébraient avec une certaine pompe, le père du fiancé envoyait une députation d'amis chercher sa future et l'un de ces envoyés devait charger la lille sur ses épaules et la porter jusqu'à un point désigné, voisin de la maison du fiancé*.

En Asie, dans la vaste région mongoloïde s'étendant du Kamtchatka au pays des Turcomans, le cérémonial de la capture est toujours en honneur.

Ce symbolisme de la capture est particulièrement curieux chez les Kamtchadales. Là, ce n'est pas en triomphateur que l'époux s'introduit dans la famille de la femme, puisqu'il doit au préalable faire acte de servitude, aller trouver les parents de la fille qu'il désire, se mettre à leur service et prendre sa bonne part des travaux domestiques. Ce temps d'épreuve peut mèrnedurer longtemps, des années '^ ; et sûre-

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