Clîirkp, Travelx, otc, 1. 1*', p. i:i
liO LÉVOLl'TION \)V MAHIACK ET DK LA FAMILLK.
la pudeur, romme chez les Kamtchadales: le futur doilaltaquer sa fiancée, déchirer ses habits*.
Chez les Turcomans, le mariage se peut conclure avec ou sans le consentement des parents. Dans le second cas, les jeunes gens s'enfuient et vont demander asile dans un obah voisin. Ils y sont toujours bien accueillis et y séjournent un mois ou six semaines. Pendant ce temps, les anciens dos deux obahs négocient un arrangement avec les parents; on fixe d'un commun accord le prix de la fille, qui ensuite rcnti*e au domicile paternel, où avant d'habiter avec son mari, elle doit rester six mois, un an, même davantage, et pendant tout ce temps, le mari ne la peut voir qu'en cachette. Parfois la fugue s'exécute avec le consentement préalable des parents et alors ce n'est plus qu'un enlèvement symbolique*, une comédie.
En efl'et le rapt, plus ou moins réel, est souvent remplacé chez la plupart des nomades de l'Asie centrale et notamment chez les Turcomans par un pur cérémonial. Alors, la jeune fille, revêtue de son costume de fiancée, enfourche un chcA-al fougueux, qu'elle lance au galop, en ayant à sa selle un chevreau ou un agneau fraîchement tués. Le fiancé el toutes les personnes de la noce, A cheval aussi, poui'suivenl la future épousée qui doit, par des voltes, des évolutions habiles, se dérober et empêcher qu'on lui puisse enlever l'animal qu'elle emporte \ Tout cela n'est, on le voit, que la mimiqiuMJu rapt, et il y a dans ces diverses coutumes une gradation ménagée : tout d'abord détournement réel de la lille, mais il est entendu d'avance que l'affaire ne finira pas tragiquement; puis détournement qu'on peut appeler légal, puisqu'il est autorisé par les parents; enfin simple c<?rémonie symbolique du rapt violent.