De HocliaS; Nouv, Calédoniey p
de^ années a ravance, de petites filles destinées à siio [!éder à leurs femmes actuelles \ Dans rAchanli, des petites lilles de dix à douze ans, ainsi vendues, sont déjà légalement considérées comme les femmes de leur acquéreur, quoiqu'elles n'aient pas encore quitté leurs mères, et toute privante, toute familiarité, prises avec elles par un autre homme que leur propriétaire, sont punies d'une amende au profit de ce dernier*.
De même en Polynésie, les pères, les mères, les parents décidaient des unions conjugales des enfants, des années îvant que ces unions fussent réellement possibles \
Chez les Moxos et les Chiquitos de l'Amérique du Sud, les mariages prématurés étaient si bien entrés dans les mœurs qu'au dessus de quatorze ans pour les hommes et de douze ans pour les filles, il n'y avait plus de célibataires. Dans leurs missions américaines, les jésuites avaient complètement adopté cette coutume indigène et souvent ils mariaient des jeunes filles de dix ans à des garçons de treize ans. Naturellement ces mariages d'enfants entraînaient parfois des veuvages également précoces. D'Orbigny dit avoirvu, chez les .ribus dont je parle, un veuf de douze ans et une veuve de lix ans^
Au temps de Marco Polo, les TaïUu'es d'Asie célébraient des mariages bien plus singuliers encore, des mariages d'enfants iécédés. Les familles dressaient le contrat, comme si leurs mfants eussent été vivants, célébraient solennellement une loce symbolique, puis brûlaient non moins solennellement le contrat fictif, ce qui était, croyait-on, le moyen de le faire tenir lans l'autre monde, aux jeunes époux disparus. Dès lors il y
1. Burchcll, nui. univ. des voy., t. XXVl, p. 3:H). S. Bowdich, IlMt. univ. des voy.y t. XXVIll, p. 130.