II. — DU MARI\r.R PAU SERVITUDE
De tous ces faits il ressort évidemment que, dans les •iélés peu ou point cultivées, les enfants sont laissés aTabue discrétion des parents. Ceux-ci, ayant sur leur progéure tous les droits sans exception, les considèrent comme e propriété et ne se font pas faute de vendre leurs filles, bères ou non, dès qu'elles constituent une valeur négoble. C'est même cette vente des filles, qui est la forme la is répandue du mariage primitif ou de ce qu'il nous ronnt d'appeler ainsi. — Dans les sociétés quelque peu civilis, où il y a des valeurs d'échange, des animaux domesues, dt»s provisions amassées, des esclaves, l'achat d'une e se débat, comme toute autre transaction, et la marchaiie se livre contre un prix convenu. Dans un état de civiliion plus primitif, quand l'homme vit surtout de chasse de pèche, au jour le jour, et n'est pas toujours assez he pour acheter une femme, les valeurs échangc^able;, isidérées comme l'équivalent de la fille recherchée, sont ivent remplacées par une certaine somme de travail, par ; services rendus aux parents, et il en résulte une forme îciale de mariage : le mariage par servitude. Ce mode de mariage n'éUiit pas rare chez les Indiens de mériqiie du Nord. Tantôt le futur s'engageait pour un ips déterminé à servir les par<»iits de la lilh». 11 rhassait ir eux, creusait ou construisait des canots, rultivait la re, làoùragriculture éliiiten usagcî*. Parfois le mari n'était » con)j)lètenient asservi : il devait s(»uleinenl céder aux •ents de sa femme une partie des produits de sa chasse et
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n'était pas exoniplo de ce tribut avant qu'il lui fùtnéunelîlle, laquelle devenait à titre d'indemnité la propriété de l'oncle maternel de sa femme'.
Souvent, pendant le temps de sa servitude volontaire, k mari restait dans la famille de sa femme, et il y jouait réellement le rôle d'une sorte d'esclave*.
Dans les sociétés plus civilisées de l'Amérique centrale, la coutume du mariage par servitude s'était néanmoins conservée. Chez les Kenaï, le futur mari allait, pendant un an, tous les matins chez les parents de la fiancée pour y prépaivr les aliments, apporter de l'eau, chaufler la chambre de bain; puis une fois son année de servage achevé, il emmenait la lille'. — Dans le Yucatan, le gendre devait servir son beaupère pendant trois ou quatre ans. Cette manière de faire devint même une coutume générale à laquelle il était immoral de se soustraire*. Chez les Mayas, le fiancé était obli^ré de se construire une maison vis-à-vis de celle de son futur beau-père», et il y demeurait cinq à six ans, fournissant pendant tout ce t(împs du travail servile^
Pour être plus commune qu'ailleurs en Amérique, la coutume du maiiage pai* servitude n'est point confinée dans cv continent. Ainsi les Limbous et les Kirantis indigènes du Bengale, achètent souvent leurs femme, moyennant un certain temps de travail abandonné au père, dans la maison duquel ils restent jusqu'à parfait payement^ On sait d'ailleurs que U\ mariage par servitude n'est i)oint particulier aux saux'ajres des races inférieures, puiscjue, la Bible nous l'apprend, Jacoli n'épousa Lia et Uachel, les filles de Laban, qu'au prix de