III. — MARIACE PAU ACHAT
Le mariage par achat est bien autrement répandu que le Hhiriagc? par servitude ou servage. Par toule la terre, chez toutes les races et dans tous les temps, là où l'histoire peut nous renseigner, on en trouve des exemples bien authentiques, permettant d'affirmer que, pendant Tàge moyen de civilisiition, le droit des parents sur les enfants et spécialement sur les filles comprenait en tous pays la faculté de les vendre. Je vais consulter à ce sujet toutes les grandes races humaines et les faits probants ne me manqueront pas; force me sem inciiMîde me restreindre.
Cliez les Hottentots et chez les CafreS; la valeur d'échange du pays étant le bétail, c'est en vaches ou en bœufs que se paient les filles, et le tiiux de la marchandise varie suivant les fluctuations de l'ofl^re et de la demande. Chez les Grands
I. Bancroft, Native Races of ihe Pacific SlaleSy t. 1", p. 134.
138 L'ÉVOLUTION DU MAinA<>E ET DE LA FAMILLE.
Nainaquois, Levaillant vit conclui o une affaire conjugale à très bon marché, pour une soûle vache*; mais ce prix peut (Hrc décuplé*. Chez les Corannas, Thomme fait sa (!♦'mande en amenant un bœuf devant la maison de la (ille. Lui permet-on de tuer Tanimal? cela veut dire que la demande est ajiréée. Dans le tras contraire, on renvoie le prél(Midant et parfois à coups de pierre \ Les fdles hottentotes sont v(mdues tantôt dans leur tribu, tantôt dans une tribu voisine. Ainsi, lors du voyajje de Burchell, il y avait, i:»nlre les Hottentots Hachapins et les Ilottentots Koras, un actif commerce de (illes *.
A en croire Livin<i:stone, chez les Cafres Makololos, le prix payé au père aurait aussi pour objet de racheter le droit de propriété, qu'il garderait sans cela sur les enfants de sa iillei .
Dans l'Afrique moyenne, en Sénégambie, dans la vallée du Niger, choz les Mandingues, les Peuls, etc., les mariages se réduisent aussi, presque toujours, à une vente de la tille par les ayants droit. Chez les Timannis, dit Laing, le prétendant porte d'abord aux parents une jarre de vin de palme ou un j)eu de rhum. Si sa demande est favorablement accueillie, les présents sont acceptés et le donateur est invité à revenir, ce qu'il fait en apportant une seconde jarre devin, quelques kolas, quelques mesures d'élolfe et des chapelets. Tout est alors déiinitivemeni conclu et l'on annonce à la fille qu'elle est mariée ^
Chez les Maures de la Sénégambie, les marchés conjugaux se font à p(Mi près de la niém<* manière, cependant la fille a
I. Leviiillunt, //i,s7. unir, ties voy., t. XXIV, p. I]W. i. Burchell, Hisl. univ. des voy., t. XXVI, p. 186. :L rainpbeil, Ilist. univ. des voy., l. \XIX, p. 3r>;). l. Id.,/6/rf., t. XXVI, p. iX(i.