A. d'Orbigny, Ukomme américain, t. Il, p
lii L'ÉVOLUTION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE.
nous Tavons vu précédement, a la forme dr la c^ipluiv*.
Les Turconians ont des mœurs fort analogues à celles des Tartares. Chez eux, le prix de la fille s'évalue surtout en chameaux et il en faut d'ordinaire cinq pour payer une fille; mais, comme à leui's yeux la femme n'est pas un objet de luxe, comme elle doit non seulement veiller aux affaires du ménage, mais encore fabriquer des objets, des valeurs dVchange, dont la famille tire profit, les femmes expérimentées, les veuves, pourvu qu'elles soient passables, sont sur le marché conjugal bien plus recherchées que les jeunes filles. Ce n'est plus cinq chameaux, mais bien cinquante et même cent qu(» peut coûter une veuve encore en bon état '. Le poursuivant ne peut-il réunir immédiatement la valeur de la femme qu'il convoite, il a recours au mariage par capture et se réfugie avec la belle dans le Ciimp voisin.
L'affaire s'arrange toujours; on transige et le ravisseur prend l'engagement de payer un certain nombre de chameaux et de chevaux, qu'il se procure d'ordinaire en allant marauder sur les frontières de la Perse. C'est pour lui une véritable dette d'honneur, et il la doit acquitter dans le plus bref délai possible ^
Ces mœurs barbares de la Mongolie se sont naturellement atténuées en Chine, mais sans changer essentiellement au fond. La jeune fille y est, aussi bien qu'en Tartarie, considérée comme la propriété des parents et son dressage est si parfait qu'elle n'a pas même la velléité d'être consultée avant d'être mariée ou plutôt vendue à beaux deniers comptants*. Dans la famille chinoise, les filles comptent pour
1. Timkowski, Ilist. univ. des voy., t. XXXUI, p. 332. — Hue, Voy. dans ia Tartarie, oie , t. !•% p. iy8-î!99.
"i. Fraser, Uist. univ. des voy.., t. XXXV, p. 118.