I. ^'jike, Evolution of Moralily, t. H, p
i. Sidi Khélil, Précis de jurisprudence musulmane, trad. Perron (cité par E. Mcynier), in Études sur V Islamisme, p. 152, 156. 3. ElphiiiHtone, Tableau du royaume de Caboul, t. I*% p. 168.
prétendu une jeune lille, dont la main lui est accordée, moyennant la gjatilicalion d'usage, on lui en donne une autre pour épouse, il devient le mari de toutes les deux pour le même prix : telle est la décision de Manou*. » Les choses n'ont guère changé : « Pour dire qu'ils vont se marier, dit un rédacteur des Lettres édifiantes, en parlant des Hindous, ils disent d'ordinaire qu'ils vont acheter une femme. > Pourtant les parents ne s'approprient pas entièrement la somme payée par l'acquéreur et une grande partie de cette somme sert à acheter des bijoux pour la nouvelle épousée*.
Les anciens Malais de Sumatra avaient résolu de. trois manières diflërentes le problème conjugal : tantôt l'homme achetait et emmenait la femme, selon l'universelle coutume; tantôt la femme achetiiit l'homme, qui venait alors habiter avec sa famille; tantôt enlin les deux époux se mariaient sur un pied d'égalité^. Il faut noter en passant cette dernière forme matrimoniale, qui est absolument exceptionnelle.
Dans toute l'Europe, aussi bien dans l'antiquité grécolatine que chez les barbares, on a jadis considéré la jeune iille comme une propriété négociable, et le mariage comme une vente.
Les Sagas nous apprennent que les pères Scandinaves mariaient leurs filles sans les consulter, à la manière des sauvages, et recevaient du gendre une indemnité *.
Chez les Germains, la fille ne pouvait se marier sans l'autorisation de son père ou de son plus proche parent, qui touchait d'abord des arrhes payées par le fiancé^; quanta l'épousée, elle recevait Voscle ou prix du premier baiser, puis