Mocrcnhoul, Voy. aux iles^ etc., 1. 11, p
daiii» l'espoir de fournir à son mari les moyens d'acquérir une seconde femme, une Gompag:ne de misère, sur laquelle, par droit d'ancienneté, elle aura la haute main^
Il en résulte qu'en Gafrerie la plupart des hommes ont deux ou trois femmes, d'où une certaine rareté de la marchandise féminine dans le pays; les jeunes gens ne se pourvoient pas sans peine et beaucoup de filles sont vendues dès l'enfance*. — Mêmes mœurs chez les llottentots, aussi Cafres et Holtentots trouvent fort impertinente la prédication monogamique des missionnaires chrétiens, et, sur ce point, liommes et femmes sont d'accords
Tout le long du Zambèze, dit Livingstone, le nombre des femmes mesure la richesse d'un homme et les femmes sont les premières à trouver cela tout naturel.
il importe de dire que, dans les sociétés sauvages, la femme ne saurait vivre indépendante ; pour elle, célibat est synonyme d'abandon et l'abandon serait, à bref délai, la mort; c'est même là la principale raison du lévirat, dont j*aurai plus tard à parler.
Au reste, chez tous les nègres d'Afrique, quel que sôit le degré de leur civilisation ou de leur sauvagerie, la régime monogamique n'est pas même soupçonné. Mais en Afrique aussi la sensualité n'est qu'une des causes secondaires de la pluralité des femmes, si vivement désirée par tous les noirs. C'est surtout sur des motifs économiques que se fonde leur polygamie. Au Gabon, dit du Chaillu^, la suprême ambition d'un homme est de posséder un grand nombre de femmes. Rien n'est plus précieux pour lui; car elles cultivent la
I. Wailz, Anthropologyy t. !«', p. 21W. — St<M*<Jjiiauii, Wandeiings, etc., in Sud Africa, t. 1% p. 240. — Delcgorgue, t. V\ p. 15^1, l. U, p. 231. i. Campbell, Hist. univ. des voy.^ t. XXIX, p. 357. 3. BurcheU, Ibid., t. XXVI, p. 204.
l. Du ClKiillu, Voy. dam l'Afrique équaioriaUy p. 370-377.
terre et leur devoir strict est de le servir et de lui fournir des aliments. La femme est toujours achetée au père, à prix débattu et souvent dès la première enfance. Dans ce eus, elle est placée sous la tutelle de la principale épouse du mari, de la femme-chef. — Le mari propriétaire ne se niéle point des travaux agricoles, exécutés par les femmes; il exige seulement qu'elles le nourrissent. S'il les a achetées, c'est uniquement pour faire un placement fructueux. En conséquence il les traite beaucoup comme des esclaves, un peu comme des animaux domestiques et ne se fait aucun scrupule de leur lancer à propos de rien de vigoureux coups de fouet, d'où résultent d'ineffaçables cicatrices : « J'ai vu très peu de femmes, dit du Chaillu, qui n'eussent pas sur le corps des traces de ce genre. »
Le fouet qui sert à ces corrections conjugales est à double lanière et fait avec de la peau d'hippopotame ou de lamantin. « Il faut entendre, dit le voyageur, le digne mari s'écrier : — Ah ! coquine, crois-tu que je t'ai achetée pour rien* V » Les Gabonnais, dont parle du Chaillu, comptent parmi les nègres les moins civilisés; mais, même chez les races africaines les moins grossières, le régime conjugal et le degré de sujétion imposé aux femmes ne s'allègent guère. A Tchaki, à Badagry, etc., quand Glapperton parlait aux indigènes de la monogamie des Anglais, tous ses auditeurs, sans distinction de sexe, éclataient de rire-, tant la chose leur semblait absurde. Partout, en Afrique, le nombre des femmes d'un homme n'a d'autre limite que ses vossources. Si, chez lesBongos du haut Nil, nous dit Schweiufurt, un homme a rarement plus de trois femmes, c'est uniquement à cause de la rigoureuse loi de l'offre et de la demande; en effet, une femme ne coûte pas moins de dix plats