‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 148 sur 406 · Hist. univ. des voy. y t. XXV, p · texte numérisé non relu

Hist. univ. des voy. y t. XXV, p

Sa venue est le signal de chants et de danses qui durent jusqu'au milieu de la nuit. Puis le Mtimbo-Jumbo désigne la femme coupable, malvivante ou indocile. Celle-ci est immédiatement saisie, dépouillée, liée à un poteau et vigoureusement fustigée par le Mumbo lui-même, aux acclamations et aux rires de l'assemblée, surtout des autres femmes.

Dans toute l'Afrique nègre, les maris sont généralement étrangers au genre de jalousie en honneur chez les époux intelligents des pays civilisés. Ils ne se soucient guère de la fidélité morale, basée sur l'affection et le libre choix. La femme cafre,nous dit Schouter, esttle bœuf de son mari » ;un Gafre dit un jour au voyageur en parlant de sa femme : c Je l'ai achetée; elle doit donc travailler. »

€ Le nègre, rapporte un autre voyageur (Monteiro) ne connaît ni amour, ni affection, ni jalousie. Pendant les nombreuses années que j'ai passées en Afrique, je n'ai jamais vu un nègre manifester la moindre tendresse pour une femme, lui entourer la taille de ses bras, donner ou recevoir une caresse dénotant quelque degré d'affection, d'amour, de l'un ou de l'autre côté... Ils n'ont pas de mot, dans leur langue, pour indiquer l'amour ou l'affection ^ »

Un voyageur français dit aussi des Malgaches : t La pudeur et la jalousie sont deux sentiments fort peu développés chez les Malgaches de tout sexe et de tout rang. Ils poussent fort loin la licence des mœurs, mais naïvement*. »

Dans toute l'Afrique noire, à vrai dire, le mariage n'existe pas, du moins dans le sens que nous attachons k ce mot. Ce n'est pas une institution civile, encore moins un sacrement : c'est un marché, livrant la femme à la merci de l'acquéreur. Çà et là, pourtant, on voit poindre le mariage légal, c'est-

1. Herbert Spencer, Sociologie^ t. H, p. â84»âD3. t. Dupré, TTOi$ Mois à Madagascar^ p. 153.

à-dire un contrat sanctionné par rautorité civile. Chez les Bongos du haut Nil, par exemple, Thomme qui veut une femme s'adresse ordinairement au chef ou à un dignitaire, qui s'efforce de lui procurer ce qu'il demande*.

Chez les Malgaches, où l'organisation sociale est beaucoup plus complexe, quasi féodale, il y a déjà un véritable mariage civil. Les futurs époux, accompagnés de leurs parents, vont chez le juge ou le chef du village, lui déclarent leur intention, acquittent le Hasina, Timpôt matrimonial, et l'union est conclue. Comme il arrive dans nombre d'autres pays, la polygamie malgache tend déjà à la monogamie. A Madagascar, comme en Chine, les gens riches ont une grande femmCy ayant sa case à elle, ses privilèges ; mais, à côté de réponse en titre, il y a des petites femmes^, y aLursii à revenir sur cette polygamie hiérarchique, qui forme une sorte de trait d'union évolutif entre la polygamie primitive, égalitaire, asservissanl également toutes les femmes devant leur propriétaire, et le mariage monogamique. Mais, pour le présent, je dois poursuivre mon enquête sommaire à travers les pays à polygamie primitive.

/ Dans toute la Polynésie, la polygamie était générale et illimitée. Là encore, le nombre des femmes était strictement en proportion du rang et de la richesse^ Il y avait pourtant des exemples de monogamie volontaire* chez les chefs et un beaucoup plus grand nombre de monogames, malgré eux, dans le menu peuple* . Dans plusieurs îles polynésiennes, la polygamie évoluait déjà vers la monogamie; ainsi, à Samoa*,

1. Schweinfurt, The Heari ofAtrica, t. Il, p. 27. S. Dupré, Trois Mois à Madagascar, p. 153.

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