‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 149 sur 406 · Bougainvillc, Voyages^ p · texte numérisé non relu

Bougainvillc, Voyages^ p

G. Pritchard, loc. ci^, p. 372.

à Tonga*, à la Nouvello-Zélande ', on avait une femmechef, exempte dos travaux pénibles, et ayant la prééminence sur les autres femmes.

Dans tout le grand continent américain, la polygamie est ou a été en vigueur. Les Ancas ou Araucanos de TAmérique du Sud, nomades et pillards, achètent des femmes fort cher, quand ils le peuvent, et font leurs concubines de toutes les prisonnières que leur procurent leurs razzias, exactement à la manière des anciens Arabes. Chez eux, les pauvres ou les faibles sont, comme partout, mal pourvus et fréquemment réduits à gai^der le célibat % ou à n'avoir qu'une femme. Pour les mêmes raisons, les jeunes gens, chez les Otomaques, étaient souvent obligés de se contenter d'une femme âgée*, et les Charruas attendaient que leur première femme eût vieilli pour s'en procurer une plus jeunet Herrero nous dit aussi que, dans le Honduras, la monogamie forcée était assez générale, excepté, bien entendu, pour les chefs, qui accapalaicnt les femmes de par le droit du plus fort \ Dans l'Amérique du Sud, comme en Afrique, les femmes étaient bien loin de se rebeller contre la polygamie: car, là aussi, tous les labeurs pénibles étaient leur lot et le poids en était d'autant plus allégé que les travailleuses étaient en plus grand nombre. Dans les tribus déjà agricoles, chez les Guaranis, par exemple, les hommes se contentaient de débroussailler ou de déboiser le terrain ; puis venaient les femmes, qui semaient, récoltaient, transportaient la récolte à lajmaison, préparaient la boisson fermentée pour les visiteurs \ sans parler des autres

1. Couk (Troisième voyage). Hist, univ. des voij.^ t. IX, p. 70.

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