‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 155 sur 406 · Wake, Loc. cit., t. ^^ p. !iC · texte numérisé non relu

Wake, Loc. cit., t. ^^ p. !iC

:]. II. Spencer, Sociologie, L H, p. iSi). 4. H. 1(1., Ihid., l. II, p. 2î):2.

garnie obligatoire pour les gens du peuple. Les Chinois attribuent à Fo-Hi, leur premier souverain, l'institution du mariage. Ce roi légendaire les aurait tirés de la promiscuité. Tel aurait été aussi le rôle de Cécrops, en Grèce, et il n'en a pas été autrement dans l'Inde primitive. — Il y a une trentaine d'années, nombre d'érudits européens, surtout des mythologues et des linguistes, s'éprirent pour les hymnes indiens du Rig-Véda d'un amour aveugle, comme la plupart des amours. On se mit à torturer ces vieux textes sanscrits, naturellement obscurs, et, en leur infligeant une . sorte de question linguistique, on leur arracha des révélations mensongères. Il fut décidé qu'une race merveilleuse, unique, primitivement douée de toutes les vertus et qualités, avait surgi un beau jour sur on ne savait trop quels plateaux de l'Asie centrale. Les plus exaltés dotaient généreusement ces Aryas hypothétiques de facultés surhumaines. Un académicien français crut et dit, que, des hauts plateaux de Pamir, ils aperceraient la mer, distante pourtant de quelques centaines de lieues ; il aflirma qu'ils entendaient « le roulis des astres » et étaient omniscients. Il va de soi que cette race modèle était, de toute nécessité, monogame, puisque parfaite. — Aujourd'hui il nous faut démolir tous ces châteaux de cartes trop légèrement bâtis dans la primitive et chimérique Arye. L'antiquité des hymnes védiques a dO être fort écourtée et, si l'on veut- bien les lire sans vertige, on en admire très peu les auteurs, ces Aryas grossiers, qui essayaient d'enivrer leurs dieux pour en obtenir des vaches, qui sacrifiaient et dépeçaient des animaux, peut-être des hommes sur leurs autels. Il y a sûrement lieu de supposer que leur état social n'était pas plus raffiné que leur religion. Sur ce point les renseignements que l'on peut tirer des • hymnes védiques sont rares, vagues, noyés dans des flots d'eifusion religieuse. Néanmoins on parle, dans le Rig-

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Yéda, des épouses des dieux, de princes entourés de leurs épouses, etc. Enfin, un document beaucoup plus précis et plus récent, le Code de Manou, prouve surabondamment que, comme tous les autres peuples, les Hindous ont commencé par être polygames.

Je n'insiste pas sur ce point, me réservant d'y revenir bientôt. Partout et en tout lieu, les races primitives oai pratiqué la polygamie, quand cela leur a été possible. Nos ancêtres d'Europe n'ont pas été plus scrupuleux sur ce point que nos hypothétiques cousins aryens de l'Asie centrale. César nous apprend que les Gaulois étaient polygames et avaient sur leui*s femmes droit de vie et de mort ^ Tacile vante bien la monogamie des Germains ; ce trait de mœuis, dit-il, les distingue des autres barbares; mais il avone cependant que certains nobles germains avaient plusieurs femmes et que, comme il arrive dans tous les pays barbares, la femme était vendue par les parents moyennant des présents consistant en bœufs, chevaux et armes ■.

La polygamie était si bien dans les mœurs germaines, que, longtemps après Tacite, les rois mérovingiens, par exemple, Glotaire et ses iils, la pratiquaient encore, que Dagobert avait trois épouses et que Charlemagne lui-même était bigame. Nous savons, d'autre part, que saint Golomban fut chassé de la Gaulericn que pour avoir blâmé la polygamie <lu roi Thierry. — Résignons-nous donc à confesser la vérité. La race blanche n'a reçu aucune investiture divine. Comme toutes les autres, elle est sortie de l'animalité ; comme toutes les autres, elle a été polygame, et il suffit d'ouvrir les yeux pour voir qu'aujourd'hui encore, dans les pays réputés les plus civilisés, et même dans les classes soi*disant

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