II. — L\ POLYGAMIE ARABE
tant, parmi les races supérieures, il en' est une, la ibe, qui, jusqu'à nos jours, a maintenu et légalisé le
polygamique, en le propageant ou le régularisant i divers peuples qu'elle est parATUue à soumettre. Si,
rapport, la race arabe s'est soustraite à l'évolution e, ce n'est pas qu'elle soit plus mal douée que les
elle l'a suffisamment prouvé. C'est la religion, qui, s Arabes, a joué le rôle de ce poisson fantastique, le , qui, suivant les anciens, avait le pouvoir d'arrêter t la marche des navires. Théoriquement, les grandeifi is solidement constituées sont incompatibles avec le 3. Fussent-elles même relativemement novatrices, au it de leur naissance, elles barrent les routes de l'aveautant qu'il est en elles, s'opposent à toute évolution jre. Cela est fatal, puisqu'elles ont la prétention d'ex-
In volonté immuable de personnages divins, omnipo- >mniscients, parfaitement sages, ne pouvant par suite ucber ni amender les lois qu'ils formulent, les ordres onnent aux pauvres humains. Or, l'Islamisme naquit en égime polygamique; son fondateur ne put même sonn établir un autre. La polygamie fut donc établie, par livin, chez les vrais croyants, et, comme, au fond, elle ccord avec les primitifs instincts de l'homme, elle s'est mue, dans tous les pays musulmans, depuis Mahomet i nos jours. Au point de vue sociologique, c'est là un s plus intéressants, car il nous permet d'étudier et écier le régime polygamique dans son plein épanouist.
itons d'abord le Koran; nous consulterons ensuite les
]7i l/ÉVOLGTION Dt MARIAGE ET DE LA FAMILLE
jurisconsultes arabes et les mœurs des Arabes contemporains; nous aurons donc ainsi le texte légal et les commentaires.
Tout d'abonl le Livre saint proclame bien haut rinférioril»' des femmes, ce qui justifie n«iturellement leur sujétion, el cette sujétion est grande dans tous les pays polygamiques. Aucune ambiguïté sur ce point dans la parole du prophète : € Les hommes sont supérieurs aux femmes à Cxiuse des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-fi, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéîssantes.et soumises; elles conservent soigneusement, pendant l'absence de leurs maris, ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre rinobéissance; vous les reléguerez dans des lits à part; vou^ les battrez; mais aussitôt qu'elles vous obéissent, ne leur cherchez poiiil querelle. Dieu est élevé et grand * . >
O verset est éloquent. Il consacre d'abord la supériorité masculine, par droit divin, puis le mariage par achat, el enfin la liberté, laissée au mari, de brutaliser ses femmes.
Dans le Koran, les restrictions de la polygamie sont fort légères : « N'épousez pas les femmes qui ont été les épouses de vos pères : c'est une turpitude, c'est une abomination et un mauvais usage : toutefois, laissez subsister ce qui est déjà accompli' > Pas d'effet rétroactif! 11 est permis d'en conclure que, jusqu'à Mahomet, les fils héritaient du harem de leur père, comme cela se fait encore dans nombre de petits Étals despotiques de l'Afrique nègre.
Le saint Livre ordonne aussi de respecter la propriété féminine d'autrui, sauf le cas de capture guerrière ou d'infidélité religieuse du mari : « Il vous est défendu d'épouser
J. Kuran, Sourate IV, 38.
i. Ihid,y IV, iO.
5 femmes mariées, excepté celles qui seraient tombées trc vos mains comme esclaves. Telle est la loi de Dieu^ »
^ 0 croyants! Lorsque des femmes fidèles viendront Breher un asile parmi vous, éprouvez-les. Si elles prosent sincèrement Tislamisme, ne les rendez pas à leurs iris infidèles, mais vous devez rendre la dot qu'ils leur i donnée* ». Dans le Koran, le respect de l'argent est jà beaucoup plus grand que celui des personnes féminines.
La femme doit être achetée : « Il vous est permis du »te de vous procurer avec de l'argent des épouses, que us maintiendrez dans les bonnes mœurs, en évitant la bauche. Donnez à celle avec qui vous avez cohabité le uaire promis ^ ».
Le prophète conseille aux croyants, sans les y obliger urtanl, de n'avoir qu'un petit nombre de femmes : a Si 118 craignez d'être injustes envers les orphelins, n'épousez e peu de femmes, deux, trois ou quatre parmi celles qui lis auront plu. »
Le verset se termine par une autorisation qui permet à omme de ne payer aux femmes qu'un douaire fictif : \ssignez librement à vos femmes leurs douaires et, s'il [r plaît de vous en remettre une partie, jouissez-en comidément et à votre aise^ »
Quant au prophète lui-même, il s'était mis au-dessus de la ipart des restrictions qu'il imposait aux autres. « 0 profcte, il t'est permis d'épouser les femmes que tu auras tées, les captives que Dieu a fait tomber entre tes mains,
filles de tes oncles et de tes tantes maternels et paternels, i ont pris la fuite avec toi, et toute femme fidèle qui livrera
Karan, IV 28.
\. Ibid., LX, 10.