Ibid., LVI
G. E. Mcynier, Étudei sur l*hlamisme, p. 148.
i.KTuURNEAU. — L'Évuliitioii du .Mari.igf. 1*2
tant légal, soit par son mandataire conventionnel. Le don nuptial est même essentiel au mariage et, s'il n'a pas été payé, la femme a le droit de se refuser à tout commerce intime : « La femme se vend, dit Sidi Klielil, et tout vendeur est en droit de ne livrer la marchandise vendue qu'après en avoir touché le prix *. » Avant d'acheter, le prétendant peut voir la figure et les mains de la future ; car les mains de la femme sont censées pouvoir donner une idée de sa beauté corporelle*.
On doit se marier autant que possible à une vierge et le marché peut être conclu plusieurs années avant la livTaison de la marchandise \ Si la fille est encore vierge, non émancipée, mais plus avancée en âge qu'il n'est nécessaire pour connaître le rôle spécial réservé à son sexe, le père a le droit de lui imposer le mariage*.
L'orpheline peut aussi être mariée par autorité du radi, si elle a plus de dix ans accomplis et s'il y a des raisons de cmindre qu'elle ne mèm une vie déréglée*.
Dans tous les autres cas, le consentement de la lille est nécessaire. Cette circonstance, notons-le bien, constitue un véritable progrès moral sur la polygamie sauvage et nou< verrons tout à l'heure qu'elle ne s'est pas encore réalisée en Kabylie. — Le consentement de la fille se donne de deux manières, suivant qu'elle est ou n'est plus vierge. Kn effet cette particularité intéressante doit être déclarée franchement durant les pourparlers ; le Koran en fait un devoir. La fiHt* est-elle vierge, il est admis qu'alors la pudeur lui doit ôter la parole, et, pour dire oui ou non, il lui faut recourir au
i. Sidi-Khelil, t. II, p. 431 (cité par Meynicr).
t. E. Meynicr, loc. cit.f p. 159.