Id., Ibid.y p
»rès quatre ans, à ses parents maternels, qui ont le droit \ la remarier c'est-à-dire de la revendre, à moins que l'absent ait laissé pour son entretien une provision suffisante, ^pendant les parents du mari peuvent retarder la dissolu- }n du premier mariage, tantôt pendant sept ans, tantôt ^ndant dix ans, mais à la condition de se substituer au mari )sent, en fournissant à la femme délaissée des aliments et ïs vêtements*.
La femme kabyle, mariée ou non, est donc toujours une lose possédée. Nous verrons plus tard que môme le veuige ne saurait l'affranchir. Le droit de correction sur la rame non en puissance de mari cesse seulement alors que flle-ci atteint un âge où le mariage serait stérile, surtout elle a en quelque sorte abjuré son sexe en se mêlant aux )mHiPs sur les marchés*.
Très fréquemment Ton nous parle romme d'une chose lativement facile de l'assimilation aux Français des Ka-
ies algériens. Il me semble que la servile sujétion de In mnie en Kabylie est un obstacle à peu près insurmontable c^ rêve de fusion. Sans doute, en France, la femme ariée n'est qu'une mineure; mais, en Kabylie, elle est icore au dernier degré de l'esclavage. Par ce côté, les Tbères de la Kabylie se ravalent au niveau des sauvages 5 plus grossiers; ils sont même inférieurs aux Arabes, loique ceux-ci aient conservé, presque sans changement, régime polygamique des vieux âges islamiques et même •éislamîques. Mais, dans tous les temps et dans tous les lys, le sort fait h la femme donne la mesure du développeent moral des peuples. Or, sous ce rapport, entre l'Europe vilisée et la Kabylie, il y a un abîme.
1. Hanutcnii cl Lcluuriioux, LaKahylu», t. H, |>. I K». -. Id., Ibid.^ p. loi.
18i L ÉVOLUTION DU NARIAGË ET DE LA FAMILLE.
Le régime polygamique a d'ailleurs, en tout pays, pour conséquence presque nécessaire, l'asservi ssemenl de la femme. Gela est naturel. De même que, dans les hordes de chimpanzés, le mâle, le pater familias anthropomorphe, ne maintient sa domination que par la force et en expulsant se.s rivaux, ainsi, dans les sociétés humaines, le mari polygam»» ne peut guère être que le propriétaire d'êtres subjugués el aspirant forcément à TaUVanchissement. Remarquons en outre que les appétits polygamiques,si habituels à l'homme, ne sauraient être étrangers à la femme. L'un et l'autre onl même sang, partant même hérédité. Force est donc toujours au mari polygame de prévenir ou de réprimer par la claustration ou la terreur les écarts de son troupeau féminin. En régime polygamique, la femme ne peut guère avoir de droits ; elle a surtout des devoirs.