ET AU PÉROU
Je me suis étendu assez longuement sur la polygamie musulmane. Au point de vue sociologique, elle est extrèmemenl intéressante. Elle nous permet d'étudier sur le vif des mœurs, qui, avec des dilîérenccs de détail, ont du être celles de tous les peuples civilisés à un certain moment de leur évolution et qui, très vraisemblablement, ne se soni maintenues chez les islamitcs qu'à cause de la confusion des lois civiles et religieuses, ces dernières donnant à la polygamie une sorte de consécration.
Dans toutes les grandes et primitives monarcliies barbares, la polygamie des premiers âges a été peu à peu ou restreinte ou abolie, au fur et ù mesure du progrès social-
Dans l'ancienne Egypte, la polygamie était encore en
igueur; mais déjà on rintcrdis^iit aux prôtresi, contrairelent à ce qui est arrivé presque partout. En fait et par la écessité seule résultant de la proportion des sexes, alors lèine que la polygamie est autorisée et légale, elle est sur- )ut un luxe d*homnies riches ou puissants ; toujours le opulaire, qu'il le veuille ou non, est réduit à la monogamie. lans la plupart des grandes et premières monarchies desotiques, émergées de la sauvagerie primitive, ce fait fut égalisé et la pluralité des femmes constitua un privilège éservé aux grands de la terre.
Dans l'ancien Pérou, la monogamie était obligatoire pour 5S gens de rien, mais non pour Tinca et les nobles du oyaunie. Ainsi le dernier inca, Atahualpa, avait trois aille femmes ou concubines. Comme il arrive d'ordinaire, lors que la polygamie se restreint, il y avait déjà une liérarchie parmi les femmes de Tinca; l'une d'elles, qui levait être sa sœur, la coya, était réputée supérieure aux lutres et son (ils aîné succédait à son père *. Sur ce point, îonime sur plusieurs autres, l'ancien Pérou av^it incon- «iemment copié l'Egypte.
Au Mexique aussi, la monogamie était habituelle pour es petits, mais les puissants et les nobles avaient un nombre le femmes proportionnel à leur rang et à leur richesse ^ Au Mexique comme au Pérou, la pojygamie était monogamique en ce sens qu'une femme avait sur les autres la prééminence Bt que, seuls, ses enfants héritaient du titre et des biens paternels .
Cette polygamie des princes, des potentats, qui par droit.
i. Diodorc, liv. !•', 8<L
t. Proscolt, Hist. de la cour/, du Pérou j t. I•^ |». W».
3. W. Vrcacoii, Uist. de ht conq. du Mexitiue^i. l«', |». lil. — llerboil Si»ciKor, Sociologie^ t. H, |». i^o.