‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 173 sur 406 · IL — DE LA PROSTITUTION · texte numérisé non relu

IL — DE LA PROSTITUTION

lit sûrement horâ de propos de faire ici une histoire î de la prostitution. En ayant d'ailleurs parlé, à dieprises, dans les chapitres précédents, je puis me maintenant à remémorer seulement les traits princi- I son évolution. Dans les sociétés primitives, nous le elle est générale et nullement blâmée. Les filles et libres se vendent volontiers, plus souvent encore nt, pour les parents, un objet de trafic comme un

'attache encore aux unions sexuelles, considérées en êmes, aucune idée de honte. La prostitution est un troc, qui ne choque personne, et, seul, le respect de priété d'autrui réfrène l'amour vénal. Les femmes propriées, possédées par un homme, doivent, en prin^ re respectées mais seulement au même titre que toute popriélé ; leurs maîtres, leurs époux, ceux qui les ont s ou ravies, ont parfaitement le droit de les louer à 1 leur semble, comme le font les maris australiens, le faisaient les maris polynésiens, etc. id l'appropriation, autant que possible polygamique, imes devint générale, les instincts plus que volages de le primitif n'en persistèrent pas moins et, à vrai est alors seulement que naquit la prostitution, dans moderne du mot. En dehors de la majorité des 5, régulièrement possédées par des maris propriéil existait, en nombre beaucoup moindre, des femmes ant de leurs personnes, soit volontairement et à leur soit aux bénéfices de leurs ayants droit. Au Sennaar, emplc, et dans bien d'autres pays, les marchands et

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propriétaires d'esclaves exploitent ainsi très fructueusemenl leur bétail féminin.

Nous savons, d'autre part, que, dans l'Athènesprimitive, les hommes les plus éminents possédaient des troupes de prostituées et en tiraient de grosses rentes; car c'est très tardivement que la prostitution, et tout ce qui y touche, a soulevé quelque scrupule dans la conscience humaine.

Même au plus glorieux moment de la civilisation hellénique, de quelle considération étaient encore environnées les plus distinguées des hétaïres gi*ecques, puisque Socrale . et Périclès se rencontraient volontiers chez Aspasie !

Dans toutes les sociétés plus ou moins cultivées de l*ancien et du nouveau monde, la prostitution a fleuri ou continue à fleurir. C'est même uniquement dans les sociétés policées que la prostitution se spécialise, se légalise, finit par être réglementée, par devenir une sorte d'institution, suppléant au mariage légal et lui faisant concurrence.

Partout, en tout pays, dans toutes les races, la prostitution a été ou continue à être tolérée, parfois même honorée. Elle existait dans les grands États de rAmérique centrale, dans l'ancien Pérou, dans l'ancien Mexique, au Nicaragua, où il y avait déjà des filles et des maisons de joie. Dans ce dernier pays même, les mœurs étaient si mal épurées encore et la continence, quoique très relative, si difficile à supporter, que, lors d'une certaine fête annuelle, les femmes de toute condition étaient autorisées à s'abandonner à qui bon leur semblait*.

Dans les grandes sociétés fondées par les races mongoloïdes ou mongoles de l'Asie, la prostitution s'étale en plein soleil. En Chine, les maisons de thé pullulent, quoique la vieille morale du Céleste-Empire fasse déjà aux filles et aux

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