Rancrofli loc. cU.j t. II, p. 67G
U PROStltlTION ET LE CONCUBINAGE. 195
smmes libres un devoir moral de la chasteté. Au contraire, n Goehinchine et au Japon*, la pratique et la théorie sont l'accord. Aucune flétrissure morale ne s'attache à la prosituée. En Goehinchine, nous dit Finlayson% un père a le droit, pour une légère somme d'argent, de livrer sa fille soit à un visiteur, soit même à un étranger, sans que la réputation de la jeune personne en souifre aucune atteinte, sans que cela l'empêche de trouver ensuite un mari convenable. Au Japon, les maisons de ihé {tsiaya) sont plus nombreuses encore qu'en Ghine; dans les grandes villes, ellen forment de vastes quartiers et il en est de fort luxueuses. Le mode de recrutement de leur personnel semble tout d'abord invraisemblable à un Européen et, à lui seul, il suffirait à démonti^er la relativité de la morale.
Partout le « droit du père de famille » sur ses enfants a commencé par être sans limites. Au Japon, il est encore excessif, même sur les filles mariées. Ainsi l'un de nos compatriotes, M. Bousquet, voyageant au Japon, il y a peu d'années, raconte que, logeant un jour chez un jeune ménage japonais, le père de la femme la lui offrit, sans que le mari songeât à protester^
Une fille représente un capital, appartenant au père d'abord, au mari ensuite; l'aliéner sans le consentement du propriétaire est un vol, mais avec son autorisation l'action devient licite, aussi les parents gênés négocient leur fille, sans que la loi japonaise songe à intervenir. Une jeune fille est même admirée, quand elle se prostitue par dévouement. « Les romans japonais répètent à satiété l'histoire de la vierge vertueuse, qui, pour sauver son père de la misère ou ï^cheter les dettes de son fiancé, s'est volontairement soumise