llisl. nniv. des voy., t. XXM, p. ;J
i. Desijiazc, Curiosités des anciennes justicesy etc., p. ^811.
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lous les pays et quels que russent la race, la i^eligion, la forme du gouvernement, le régime conjugal adopté. A elle seule, elle suffirait à établir que la monogamie est un type de mariage auquel le genre humain a bien du mal à se plier; mais l'existence, si générale, du concubinat, achève la démonstration.
m. — DES DIVEHSfiS FORMES DU CONCUBINAGE
Entre l'amour bestial, que l'on peut goûter avec la prostituée, et l'union monogamique la plus noble, il y a un lai-ge espace, que le concubinat a comblé. Le concubinage légal, le concubinat, admis et pratiqué, comme nous Talions voir, en tant de pays, est une sorte de mariage libre, toléré par la coutume, reconnu par les lois et coexistant a côté du mariage monogamique, dont il permet de pallier la rigueur. Ce fut tout d'abord une cote mal taillée entre la polygamie 6tla monogamie, puis, subissant lui-même une évolution ^logue à celle qui a peu à peu fait adopter la monogamie '^le, chez presque tous les peuples civilisés, il finit par devenir à son tour monogamique dans la Rome ancienne. J'en retracerai brièvement l'histoire ethnographique.
Dans sa phase primitive, confuse encore, le concubinat a été simplement l'appropriation conjugale d'esclaves, surtout de femmes capturées après un engagement heureux. Gela Taisait partie des droits du vainqueur; les captives étaient assimilées au butin et partagées comme lui. Nous avons • u précédemment que, dans le Deutéronome, Moïse auto- 'ise cette pratique barbare et qu'elle étiiit aussi habituiîlle ■hez les Arabes primitifs. Les guerriers homériques ne se :on<iuisaient pas autrement, ainsi que l'attestent divers passages de Vlliade et de VOdyssée.
J'en citerai quelques-uns. C'est d'abord le vieux prêtre Chrysès, qui vient offrir à Agamemnon une riche rançon pour sa fille et à qui le roi des rois répond brutalement : « Je n'affranchirai point ta lîlle. La vieillesse l'atteindra dans ma demeure, à Argos, loin de sa patrie, tissant la toile et partageant mon lit. Mais va, et ne m'irrite-
point*. »
Thersite, parlant au même Agamemnon, est plus explicite encore. « Fils d'Atrée, que te faut-il encore? Que veux-tu? Tes tentes son pleines d'airain et de nombreuses femmes, très belles, que nous commençons par te donner, nous, Achéens, quand nous prenons une ville*. » Ailleurs Achille, parlant de sa chère Briséis qui lui a été ravie, s'écrie : « Pourquoi les Atréides ont-ils conduit ici cette nombreuse armée? N'est-ce point à cause d'Hélène à la belle chevelure? Sont-ils donc les seuls, de tous les hommes, à aimer leurs femmes. Tout homme sage et bon chérit la sienne et la soigne. Et, moi aussi, j'aimais celle-là dans mon coeur, quoiqu'elle fût captive^. »
Et, un peu plus loin, il distingue fort bien entre la concubine esclave et la femme légitime, en jurant de ne jamais accepter, comme épouse, une fille d' Agamemnon.
Dans YOdysséSy quand Ulysse, rentré incognito dans sa maison, voit passer devant lui, dans le vestibule, riantes el joyeuses, ses femmes esclaves, qui vont s'ébattre avec les prétendants, ce qu'il éprouve est plus que le froissement d'un propriétaire lésé : c'est bien plutôt la jalousie d'un homme dont on a violé le harem. Tout d'abord il est tenté de tuer ces femmes, ce qu'il fait d'ailleurs un peu plus lard, et il entend « son cœur aboyer dans sa poitrine, comme