Ibid,, IX
une chienne, tournant autour de ses petits, jappe après un inconnu et veut le mordre* ».
Mais de pareilles mœurs ont subsisté çà ou là jusqu'aux temps modernes. En 1548, au Pérou, quand Pedro de la Gasca eut défait le parti de Pizarre, il distribua à ses adhérents les veuves des colons tués.
A Asterabad, après une petite révolte locale, Ilanway a vu les magistrats persans vendre aux soldats cent cinquante femmes. ♦
En Livonie, après la prise de Narva, Pierre le Grand vendit tranquillement aux boyards les femmes des habitants'. Bruce nous apprend aussi qu'en Abyssinie, les vainqueurs s'emparent habituellement des femmes des vaincus ^
Mais si les captives servent ou ont servi un peu partout à alimenter le concubinat domestique, elles n'étaient point seules réservées à cet emploi : les femmes esclaves, de toute provenance, étaient souvent traitées comme elles. Le fait est si connu que je m'abstiendrai de l'appuyer par des exemples. Je n'en citerai qu'un, obsené à Sackatou, dans l'Afrique tropicale, car il prouve clairement qu'en pays barbare, le concubinage ou le concubinat domestique et servile n'outrage en rien la morale et est envisagé seulement au point de vue commercial. A Sackatou, quand un homme marié a des rapports intimes avec une des filles esclaves données en douaire à sa femme, il doit simplement la remplacer le lendemain par une autre esclave, vierge et de valeur égale. A cette condition purement pécuniaire, le caprice du mari n'occasionne jamais de conflit avec la femme légitime *.