‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 179 sur 406 · Bancrofi, Native raceSy t. II, p · texte numérisé non relu

Bancrofi, Native raceSy t. II, p

)ble épousait une fille de son rang non encore pubère, on ait bien soin, pour lui faire prendre patience, de lui donner, litre de concubine, une jeune esclave, servant à ses plaisirs, ïis dont les enfants n'héritaient points Au Mexique, il y avait jusqu'à trois catégories de concunes :

1* Des jeunes filles, non encore arrivées à l'âge matrimoialct que d'ordinaire les parents choisissaient pour leurs lils, la prière de ceux-ci. Ces unions ne comportaient ni cérélonie ni contrat, mais elles étaient souvent légitimées plus ard, quand elles devenaient fécondes.

2" Des femmes à demi légitimes, que l'on épousait aussi à lemi, en ne gardant de la cérémonie conjugale que son trait aractérislique, c'est-à-dire le fait de nouer ensemble les éléments des semi-époux. Ces femmes ne pouvaient être épudiécs sans motif, mais ni elles ni leurs enfants n'hériaient.

3' Enfin la troisième classe comprenait les simples conubines, largement entretenues par les nobles et (jui Prenaient rang non seulement après les femmes légitimes, eia va sans dire, mais aussi après les femmes moins légiimes •, à demi légitimes. Tout ce système est ingénieux et ' est sûrement difficile de mieux ménager la gradation.

Si commun que soit le concubinat, on ne le renconti*e ulle part aussi savamment combiné que dans cet ancien exique, ou l'on reconnaissait quatre sortes d'association xuelle : le mariage monogamique, consacré par la loi et la ligion; le mariage semi-légitime; l'union libre et durable ec uœ concubine légitimable, et enfin l'amour libre, happant à toute réglementation.

J'essayerai bientôt d'apprécier ces mœurs, si différentes

l. bancrofl, Naiwe racet^ t. U, p. 664. î. ïû.,Ibid.yi. 11,1). ^^-

204 LtVOLUTlON DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE.

(les nôtres, mais il me reste encore à parler du concubinal des races supérieures, jaunes et blanches. — Les Mongols de la Tartarie sont monogames en principe, en ce sens qu'ils ont une seule femme dite légitime; mais les riches, les grands, ont à côté de la matrone, de la grande femme, des concubines, des petites femmes, soumises à la première, qui a sur elles droit de préséance et de direction, qui gouverne le ménage, dont les enfants seuls sont tenus pour légitimes et ont des droits d'héritage*.

En Chine, le concubinage des Mongols a été réglementé soigneusement, comme toutes choses ; il est naturellement, de même qu'ailleurs, le privilège des riches, des grands, qui entretiennent parfois un véritable harem et le peuplent en achetant à leurs parents de jolies jeunes filles, à peine pubères (Macartney, Hist. univ. des voy., t. XXXIII, 473)'. Dans la morale courante de la Chine, le concubinat est blâmé à moins que la femme légitime ne soit stérile depuis dix a douze ans \ On a même jadis essayé de le restreindre, en ne le tolérant expressément que pour les mandarins et les quadragénaires n'ayant pas d'enfants*; mais ces mesures rigoureuses sont tombées en désuétude.

Aujourd'hui le concubinat chinois n'a pas d'autre frein que le respect humain et l'opinion publique. Il est parfaitement légal. La première femme, la grande femme, est une matrone révérée; elle commande aux petites femmes, qui lui doivent respect et obéissance. Un mari entreprend-il delà faire déchoir au rang de petite femme, il encourt la bastonnade, cent coups de bambou, et quatre-vingt-dix seulement,

i. Hue, Voyage en Tartarie, etc., t. V% p. 301. — Préjévalsky, t. !•', p. 69; l. U, p. 121.

Page 1