‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 183 sur 406 · Doincngcl, Institutes de Galus^ f · texte numérisé non relu

Doincngcl, Institutes de Galus^ f

.1. » Longtemps les oints du Seigneur eurent des femmes des concubines. Celles-ci remplacèrent les premières, md, de par saint Boniface, saint Anselme, Hildebrand, ., et les conciles, le mariage des prêtres fut devenu un me atroce.

En 4174, à Canterbury, une enquête établit que l'abbé i de Saint-Àugustin avait soixante-dix enfants dans un il village ^ Pendant plusieurs siècles une taxe appelée jn nom expressif (culagium) fut systématiquement perçue T divers princes sur les prêtres vivant. en concubinage*, en mieux*, il arrivait souvent que les paroissiens laïques )ligeaient leurs prêtres h avoir des concubines, par pré" lulion. Un cjmon du concile de Palencia (1322) anatbéma- $e les laïques qui agissent ainsi ^ Dans son Histoire du oncile de Trente, Sarpi dit que beaucoup de cantons lisses avaient adopté cette coutume. Au concile de Consnce, un orateur important, Nicolas de Clemangis, déclara le c'étiiit là une pratique fort répandue, les laïques étant rmement persuadés alors que le célibat des prêtres était ut fictif. Bayle cite à ce propos ce remarquable passage : Faceo de fornicationibus et adulteriis a quibus qui alieni ni probro caîteris ac ludibrio esse soient, spadonesque au* iomitœ appellantur ; denique laici usque adeo persuasum bent nullos caelibes esse, ut in plerisque parochiis non ter velint presbyterum tolerare nisi concubinam habeat, 0 vel sic suis sit consultum uxoribus, qua) nec sic quidem |ue quaque sunt extra periculum. »

5i, laissant de côté le moyen âge et son clergé, nous jetons yeux autour de nous, dans les sociétés européennes plus civilisées, les plus policées, nous voyons que le

. Lea, Histonj of Sacerdotal Celibacy (Philadelphie, 1867), p. 296. . Id., Ibid., p. 271,292, 422.

. Id., Ibid., p. m.

LETOURNEAD. — L'Évolution du Mariage. 1 i

î\0 L'ÉVOLUTION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE.

concubinal a bien disparu, mais que son mode inférieur, lo concubinage, est très florissant. Des siècles de contrainte légale et religieuse ne l'ont pu déraciner et le rigide mariage monogamique, inscrit dans nos lois, est sans cesse nargué par nos mœurs. Presque partout le nombre des naissances dites naturelles augmente. En France il suit une progression constante :

De 1800 à 1805 • 4.75 p. 100

De 1806 à 1810 5.43 —

De 1821 à 1825..: 7.16 —

Depuis, la proportion a oscilK» autour de 7,25 en France. Mais en Suède, de 1776 à 1866, elle s'est élevée depuis 3,11 p. 100 jusqu'à 9,5. En Saxe, le rapport a été de 15,3" en 1862.1864'.

A Paris, d'après les calculs d'A. Bertillon,plus du dixième des ménages (40000) vivraient en union libre.

En fait, si Ton interroge toutes les races, toutes les époques et tous les pays, on voit que partout le concubinal ou le concubinage ont fleuri ou fleurissent encore à côté du mariage légal. Un seul pays fait exception : la Kabylie. Mai> l'exception confirme la règle. S'il n'y a en Kabylie ni concubinage, ni concubinat, ni unions libres, ni enfants naturels, la raison en est fort simple, c'est qu'en dehors du mariage aucune union sexuelle n'est tolérée, et qu'en cas de naissance illégitime, la mère et l'enfant sont mis à mort, tandis ((ue le talion s'.ibat sur le père illégal '.

Le concubinat est donc ou du moins a été jusqu'ici naturel à l'homme. On peut dire, en empruntant une locution i Bossuet, que cela est prouvé par a l'expérience de tous les siècles ». Il me reste, en m'inspirant des faits que je viefls

1. M. Block) Europe politique et sociale, p. 20i>S05. t. Haiioteaii ol Lotoiiriioiix, La Kabylie, t. Il, p. 148.

LA PROSTITUTION KT LK CONCIBINAGE. «Il

înumérer, à en esquisser révolution j^énérale et à en 3récier la moralité. L'évolution en est des plus simples, mien sexuelle, sans frein ni règle, a commencé. Puis le 3it du plus fort ou du plus riche a créé des ménages pofamiques. Dans ces ménages, la primauté a fini par être cif»rnée à une femme; mais, comme l'époux entendait bien

pas refréner son humeur volage, il a entretenu à côté de pouse en chef, soit des esclaves, soit des « petites femmes » ixquelles on a lini par faire une situation légale. Le régime onogamique s'implantant de plus en plus, on en est arrivé, Rome par exemple, à ne plus tolérer cette polygamie délisée, et le concubinat est devenu un mariage de second *dre, ne pouvant plus coexister avec l'autre. Enfin on a •étendu l'abolir, on n'a plus voulu reconnaître légalement autre type matrimonial que l'union monogamique let irant jusqu'à la mort de l'un des époux. Mais les mœurs

sont alors insurgées contre les lois; la monogamie a été us apparente que réelle. La prostitution pour les gens les oins délicats, l'adultère et l'union libre pour les antres, it servi de soupape de sûreté à des penchants trop invé- "és et trop violents pour se laisser maîtriser par des textes ?aux. La pureté des mœurs y a-t-elle gagné? sûrement n. De plus il en est résulté toute une population d'enfants lurels, trop souvent abandonnés par leurs pères et subisil de par leur naissance une indignité légale des plus ques. De là mille souffrances imméritées, auxquelles il idra bien que la législation remédie un jour ou l'autre lue le concubinat légal a épargnées à la Chine, par exemple, is doute l'idéal est une belle chose, mais il y a folie à lui rifier le réel et à légiférer sans tenir compte des exigences la nature humaine.

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