LA MONOGAMIE DANS l'ANCIENNE EGYPTE
Dans les anciens empires de TAmérique centrale, la position de la femme était fort subordonnée; le fait est ordinaire en pays barbare. Mais, sous ce rapport, une exception singulière semble avoir existé dans TÉgypie ancienne, qui offre pourtant de si nombreuses analogies avec Tancien Pérou. Cette anomalie, sur laquelle s'appuient complaisamment les théoriciens d'une gynécocratie préhistorique, mérite qu'on la décrive avec quelques détails.
Sur ce point, les assertions générales des écrivains de l'antiquité ont été confirmées par les actes démotiques, récemment déchiffrés. Je citerai brièvement les uns et le^ autres.
Écoutons d'abord Hérodote au sujet de la situation des femmes en Egypte : « Ils ont établi des coutumes et des lois opposées pour la plupart à celles du reste des hommes. Chez eux, les femmes vont au marché et trafiquent; les hommes restent au logis et tissent... Les hommes portent les fardeaui sur la tête, les femmes sur les épaules... Les garçons ne sont jamais contraints de nourrir leurs parents, si telle n'est pas leur volonté, les filles y sont obligées, quand même elles ne le voudraient pas *. > De cette dernière prescription il est déjà logique d'inférer que les femmes possédaient et héritaient, ce qui n'est pas ordinaire dans les monarchies primitives. Hérodote ajoute pourtant que <? nulle femme n'a le