‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 202 sur 406 · II. — Di: M.VIUAGE IIRBRAÏQUE · texte numérisé non relu

II. — Di: M.VIUAGE IIRBRAÏQUE

Les Hébreux semblent avoir été seuls, parmi les Sémilcj? A adopter la monogamie, au moins dans la pratique générale. Encore, la Bible nous l'apprend, le concubinage n'était-il pas interdit au peuple de Dieu. Kn parlant de la fille vendue par son père à un homme riche*, l'Exode tient sur ce poinlun langage suffisamment explicite : « Si rlle déplaît au maître*^ qui elle a été donnée, il la laissera aller; mais, l'ayant ainsi méprisée, il n'aura pas le pouvoir de la vendre à un peuple étranger. » — t S'il la fait épousera son lîls, il la trailei'a comme on traite d'ordinaire les (illes libres. > — « Mais,s'il fait épouser à son lils une autre femme, il donnera à la liH^

ce qui lui est dû pour son mariage et des vêtements, et il ne lui refusera pas le prix de sa virginité *. > — La Genèse nous dit bien que « l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et qu'ils seront deux en une seule chair- », mais ce verset fameux semble bien indiquer la violence de l'amour plutôt que le mariage monogamique et indissoluble.

Sans doute la sujétion de la femme juive n'étail pas

extrême, comme elle l'est par exemple en Kabylie; elle était

pourtant très grande. Son consentement au mariage était,

il est vrai, nécessaire quand elle était majeure, mais elle

était bel et bien vendue au mari. Notons cependant qu'on

lui reconnaissait un droit de propriété et que les biens de

I l'époux répondaient pour ceux de sa femme et pour son

douaire; mais le mari n'en tenait pas moins la femme dans

une étroite dépendance. Le cantique de la femme forte, à la

lin des Proverbes, est d'habitude cité, comme un sublime

> portrait de l'épouse juive, par tous ceux qu'hypnotise en<:ore

; If* prestige des livres soi-disant saints. Pourtiint, en lisant

^•f's versets célèbres sans préjugé, on n'y trouve guère quo le

portrait d'une servante laborieuse, affairée et avide : « Elle

Iwaille la laine et le lin... Elle se lève quand il est encore

,' nwit, distribuant les provisions à sa maison et la part à ses

if î^Wantes... Elle convoite un champ et s'en empare; du fruit

j ^^ ses mains elle plante une vigne... Elle ceint ses reins de

force et réconforte ses brîis... Dans la nuit sa lampe ne

s éteint pas... Le pain de la paresse, elle ne le mange [)as. i>

^ous verrons, plus tard, que la femme, gagnât-elle beaucoup

"argent, ce qui semble être l'idéal du mari hébreu selon

l^s Proverbes, était répudiable à volonté, sans autre raison

flue le caprice du maître qui l'avait achetée. Enfin, et

i. Exode, 8-10.

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