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ilO L*ÉVOLUTION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE.
une jeune fille est donnée en mariage; une seule fois, le père dit : Je l'accorde*. »
Dans leur ensemble, ces antiques prescriptions sont encore observées dans l'Inde. En général, on y est monogame, mais la femme mariée n'en est pas moins maintenue dans un éUii d'abjecle sujétion. Il est honteux, dit Sonnerat, à une femme honnête, de savoir lire et danser; ces futiles agréments sont laissés à la bayadère. c Servante, esclave, » sont les appellations habituelles du mari s'adressant à sa femme, qui réplique en disant c maître, seigneur », doit se bien garder d'appeler son mari par son nom * et n'a pas le droit de s'asseoir à sa table '\ Ce sont les parents qui négocient le mariage, sans se soucier en rien du goût des futurs époux et en songeant seulement à la caste et à la fortune*. Du reste la fille est toujours mariée ou plutôt vendue dès l'enfance, souvent à un brahmane sexagénaire, et avant qu'elle soit en Age de manifester une préférence quelconque ^
Ces renseignements, aussi authentiques que possible, sont suffisants pour permettre d'apprécier le mariage hindou. Si monogamique qu'il soit, d'habitude, il est, au point de vue moral, fort inférieur. Le droit tyrannique laissé au mari, sa jirépotence, la servitude de la femme, cédée ou négociée dès l'enfance, l'orgueil de la caste et le souci de l'argent primant toute autre considération, proclament assez haut que la législation matrimoniale dans l'Inde a été la réglementation, au profit de l'homme, d'instincts fort peu relevés.