IV. — LE MARIAGE DANS LA GRÈCE ANTIQUE
ins la Grèce primitive, la situation de la femme ne fut e meilleure. D'une part, V Iliade nous apprend que Tépi- 5 de € femme » lancée à un homme était la plus mépriî injure*. D'autre part, nous avons vu que la fille était tée par le mari, soit contre des présents, soit contre ervices rendus au père*, enfin que l'époux pouvait avoir concubines domestiques, avec cette seule réserve que $ enfants n'héritaient pas \ Dans le premier chant de yssée, la dure apostrophe de Télémaque à sa mère prouve i qu'en l'absence du mari, l'épouse était humblement aise à ses fils : « Rentre dans ton appartement; vaque à ravaux ; manie le fuseau ; tisse de la toile ; veille à ce que ervantes fassent leur tâche. La parole appartient aux mes et surtout à moi, qui suis le maître ici *. » Pénélope, femme bien dressée, se laisse docilement fermer la he et obéit, < emportant dans son âme les sages discours m fils ».
us tard, la femme honnête fut confinée dans le gynécée, le ne put recevoir que les parents ou les amis autorisés 'époux ^ On ne l'admettait pas même aux festins. Mais, ant que l'épouse était à demi cloîtrée dans la maison igale, le mari pouvait à son gré fréquenter et courtiser élaïres (èraipai)^ les étrangères (Ç^a«), avec lesquelles itoyens d'Athènes n'avaient pas le jus connubii et qui
iade^ II, VU, VIU.
oguet, Orig. des LoU, t. U, p. 60.
iyt$ée, XIV.
ivalloUi, La Spoia diMenecle (notes), p. 2i6.
TOOikNEAU. — L'Évolution du Mariajçc. 16
n'étaient point admises, comme l'Athénienne bien née, ingénue {ikiv6épa)j aux thesmophories*.
C'est évidemment l'homme, qui, à Athènes, réglementa le mariage primitif en se souciant fort peu des goûts et préférences de la femme. A Sparte, c'est le sentiment patriotique, violent et étroit, qui, dans tout ce qui touche au mariage, a inspiré Lycurgue. L'obligation du mariage est, à Sparte, légale, comme le service militaire. On y invite les jeune> hommes en les faisant assister aux exercices gymnastiques des jeunes filles nuog : < Gela estoit, dit Plutarquc, une éraorche, qui attiroit les jeunes hommes à se marier; j'enlens ces jeux, danses et esbattemens, que faisoient les filles toutes nues en la présence des jeunes hommes, non point par contraincte de raisons géométriques, comme dit Platon, mais par attraits d'amour*. » Dans l'intérêt suprême de la population, on pousse à l'amour, mais à l'amour fécond. Les jeunes époux ne doivent, jusqu'à la première grossesse, se voir qu'en cachette, à la dérobée '\ Il est louable à un >ieux mari de prêter sa jeune femme à un beau jeune homme, dont elle pourra avoir un enfant.
De nos jours, il n'est pas très rare, particulièrement eu France, de voir des jeunes gens pauvres épouser de vieilles femmes riches. Solon ne permit point, à Athènes, celte prostitution conjugale de l'homme : t Un censeur, dit PI"tarque, trouvant un jeune homme en la maison d'une riche vieille, gaignant ses despens à coucher avec elle, comme l'on dit que les perdrix s'engressent à couvrir leurs femelles, l'ostera de là pour le mettre avec quelque jeune fill^, qui aura besoing d'un mary*. » — A Sparte, Lycurgue alla