‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 211 sur 406 · Isée, Succession de Pyrrhus · texte numérisé non relu

Isée, Succession de Pyrrhus

d'opprimer h son tour. Aristophane, Ménandre, Lucien, etc., ne tarissent pas en critiques sanglantes à l'adresse de la femme riche, hautaine et dépensière.

Dans les Nuées^ le bon Strepsiade s'écrie : t Je vivais si heureux à la campagne, d'une bonne vie vulgaire, sans gêne et sans souci, riche en abeilles, en brebis et en olives ! Alors j'épousai la nièce de Mégaclès, fils de Mégaclès. J'étais des champs, elle de la ville; c'était une femme hautaine, dépensière, une vraie Césyra. Le jour des noces, quand je me couchai près d'elle, je sentais k plaisir la lie de vin, le fromage, la laine ; elle sentait les essences, le safran, les tendres baisers, l'amour de la dépense, la bonne chère et les transports lascifs. Je ne dirai pas qu'elle ne faisait rien, non, elle travaillait... à me ruiner. » Au dire de Ménandre, la religion même servait aux femmes à justifier les dépenses désordonnées. Sous prétexte de piété, elles ruinaient leurs maris en sacrifices religieux avec accompagnement de parfums, de boîtes d'or pour serrer les sandales, de femmes esclaves cérémonieusement rangées en cercle*.

Mn pau\Te époux tyrannisé gémit en ces termes : t Maudit soit le premier qui inventa le mariage et puis le second, et le troisième, et le quatrième et tous ceux qui les imitèrent '. » Un vieux mari se lamente : « J'ai épousé une sorcière avec une dot. Je l'ai prise, pour avoir ses champs et la maison, et cela, ô Apollon, c'est le pire des maux' ». — Ecoutons encore celui-ci : « Si étant pauvre, vous épousez une femme riche, vous vous donnez une maîtresse et non une femme; vous vous réduisez à être en même temps esclave et pauvre » (Anaxandride)*.

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