V. — LE MARIAGE DANS LA ROME ANTIQUE
Dans ses traits généraux, le mariage romain ne diflere point extrêmement du mariage grec, mais son évolution a été plus complète et les mesures législatives, dont il fut l'objel, nous sont beaucoup mieux connues. — Les mariages d'enfants, surtout de petites filles, étaient de règle à Rome, puis-
DE LA MONOGAMIE HÉBRAÏQUE ET ARYENNE. Ul
^ue la majorité nuptiale des filles était fixée à douze ans. Mais souvent on les fiançait et même on les mariait bien avant cet âge. Vipsanie Agrippine, fille d' Agrippa et de Pomponia, fut promise à Tibère, dès sa première année*. \jè Digeste autorise les fiançailles dès l'âge de sept ans*. En fiançant sa fille, le père contractait une obligation civile, sanctionnée par une action en dommages-intérêts d'abord; plus tard par l'infamie. Toute femme, âgée de vingt ans, et n'étant encore ni mariée ni mère, encourait les peines décrétées par Auguste contre le célibat et le manque d'enfant'. On nous dit bien que, dans la législation romaine, le consentement de la fille était nécessaire pour passer outre aux fiançailles et au mariage. Mais il est évident que le consentement d'une enfant de douze ans et même moins * était illusoire; en réalité la jeune Romaine était mariée par ses parents. La jeune épousée était si peu développée encore que, Je jour de ses noces, elle disait cérémonieusement adieu à î<on passé d'enfant, en vouant aux divinités ses jouets et ses poupées. En fait, ce n'était pas la fiancée ou l'épouse qui s'engageait, mais bien les personnes en puissance desquelles ^lle se trouvait*.
Pourtant les mœurs romaines concédaient aux femmes Une certaine liberté d'allure, que les Grecs n'auraient pas tolérée. La femme romaine circulait dans les rues, ïillait au théâtre avec les hommes, assistait aux banquets, etc.; pourtant elle était, surtout dans la Rome primitive, légalement asservie d'abord au père, puis au mari. D'ailleurs l'opinion publique prescrivait à la femme d'user fort modé-