Ëlie Reclus, Les Primitifs
également débonnaires ; il en est, les Koriaks à rennes, par exemple, qui tuent volontiers l'homme et la femme surpris en flagrant délit d'adultère* .
Les Peaux-Rouges sont toujours de moins facile composition; chez eux l'adultère est une affaire fort sérieuse, quoique tien souvent aussi, ils considèrent le troc des femmes comme une marque de bonne amitié. D'ordinaire, c'est le mari qui se venge, comme il l'entend, et souvent, c'est en sectionnant, parfois avec ses dents, le nez et parfois les oreilles de la femme coupable. Il en était ainsi, chez les Comanches% chez les Yumas% chez les Sioux^. Mais le mari lésé, volé, est libre d'entrer en composition avec le séducteur**. Il peut à son gré ou pardonner, comme le fit un mari mandan, qui renvoya la femme à son amant, en y ajoutant un cadeau de trois chevaux®; ou bien mettre à mort l'infidèle et son complice. Chez les Omahas, par une exception rare, on reconnaît à la femme dont le mari a commis un adultère, le droit de se venger sur lui et sur sa maîtresse ' ; chez les Omahas aussi, la femme adultère était liée à un poteau, dans la prairie, livrée à vingt ou trente hommes, puis abandonnée par le mari ^ Nous avons vu que cette obscène application du talion est en usage à la Nouvelle-Calédonie et nous la retrouverons dans l'empire romain. Le mode de vengeance, soit du mari, soit de la tribu, variait chez les Peaux- Rouges suivant les localités, mais était souvent atroce. Ainsi chez les Modocs de la Californie, la femme coupable était