X. — l'adultère dans LE MONDE GRÉCO-ROMAIN
Si aryenne que soit l'Inde, elle diffère pourtant très notablement de nous ; voyons maintenant ce qu'on a pensé de l'adultère en Europe et, tout d'abord, dans le monde grécoromain. Nous savons que dans l'antiquité classique, le mariage fut tout crûment considéré, comme un devoir civique, et envisagé au seul point de vue de la population. Lycurgue et Solon encouragèrent le mari impuissant à favoriser l'adultère de sa jeune femme : t II n'estoit point reprochable, dit Plutarque, parlant des lois de Lycurgue, à un homme qui se trouvoit jà sur l'aage et eust jeune femme, s'il voyoit quelque beau jeune homme qui lui aggréastel lui semblast de gentile nature, le mener coucher avec sa femme (pour la faire emplir de bonne semence) et puis advouer le fruict qui en naissoit, comme s'il eust été engendré par luymôme. Aussi estoit-il loisible à un honneste homme, qui aimoit la femme d'un autre pour la veoir sage, pudique el portant de beaux enfants, prier son mari de le laisser coucher avec elle, pour y semer, comme en terre grasse et fertile, de beaux et de bons enfans, qui, par ce moyen, venoienl à avoir communication de sang et de parenté avec gens do bien et d'honneur*. » C'est le mariage considéré sans le moindre préjugé, au strict point de vue de l'utilité sociale. Solon, sur ce point, imite Lycurgue, avec cette restriclioD, rappelant le code de Manou, que la femme d'un mari impuissant devait, avec l'autorisation de son époux naturellement, choisir un amant parmi les plus proches parents dudit mari . Les mœurs allèrent parfois au delà des lois et Plutarque