‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 246 sur 406 · Insiilutes, IV, tit · texte numérisé non relu

Insiilutes, IV, tit

LADULTÈRE. 279

loi, il interdit au mari, présumé lui-même coupable d'adultère, de tuer ou de poursuivre en justice sa femme surprise en flagrant délit. D'atténuation en atténuation les mœurs devinrent avec le temps à la fois si libres et si tolérantes, que, Septime Sévère ayant édicté de nouvelles lois contre l'adultère, le consul Dion Cassius trouva à Rome, sur les rostres trois mille plaintes formées pour cette cause*. — Théodose, nous dit un écrivain ecclésiastique, adoucit les pénalités contre l'adultère ; il abolit une ancienne coutume romaine, inspirée par l'idée du talion, et suivant laquelle la femme coupable, enfermée dans une logette, était livrée aux passants, qui même devaient être munis de sonnettes pour attirer l'attention *. i^ même pénalité ignoble était, nous l'avons vu, en usage chez quelques tribus peaux-rouges, et ce fait atteste, avec beaucoup d'autres, l'originelle égalité des races les plus diverses dans la primitive sauvagerie. Cédant à son ardeur de néophyte chrétien, le pieux et cruel Constantin légiféra avec fureur contre tous les outrages aux mœurs et décréta, sans sourciller, la peine de mort contre les adultères des deux sexes.

Justinien réagit et modéra les rigueurs légales. Son code condamne la femme adultère à être fouettée, à avoir les cheveux rasés et à être enfermée dans un couvent, pour la vie, si son mari ne la reprend pas avant deux ans écoulés. Relativement aux excès de zèle de Constantin, cela est presque clément. — On sait trop aussi combien auparavant, sous les empereurs païens, beaucoup plus sages, les mœurs romaines s'étaient relâchées; un mariage presque libre procurait aux jeunes femmes de l'aristocratie une indépendance à peu près illimitée, et, au moins dans la pratique et en

1. Friediânder, Mœurs romaines, etc., l. I", p. 367. î. Socraie, Hist. eccles., lib. V. cap. xyiii.

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dépit des lois, Tadultèrc avait cessé d'être le crime abominable, qu'il avait commencé par être chez les ancêtres*.

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