‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 263 sur 406 · Niehuhr, Hi$t. univ. det ooy.y l. XXXl, p · texte numérisé non relu

Niehuhr, Hi$t. univ. det ooy.y l. XXXl, p

Dans toutes les. sociétés barbares, la sujétion de la femme est plus ou moins dure; des coutumes ou des lois grossières ont régularisé la sauvagerie des premiers âges anarchiques ; sans doute, elles ont bien endigué la férocité primitive, interdit certains abus absolument effrénés de la force, mais en les remplaçant par une servitude, fort lourde encore, très souvent inique et ne permettant même plus aux femmes légalement possédées ces échappées, ces libertés capricieusement accordées, que le désordre de la vie sauvage tolérait parfois. Nous aurons à constater ce fait plus d'une fois, en continuant notre étude ethnographique du divorce dans les sociétés barbares.

Dans Tancien Pérou, on avait adopté ou conservé la libérale et si raisonnable coutume du divorce par consentement mutuel ^ A Quito, du moins, où Ton ne pratiquait pas le mariage administratif et obligatoire, les époux avaient la faculté de se séparer d'un commun accord.

Au Mexique, le divorce était toléré seulemenL Avant de pouvoir rompre le lien conjugal, les époux devaient soumettre leur différend à un tribunal spécial, qui, après un minutieux examen des faits et trois comparutions des parties, les renvoyait sans prononcer de jugement, si elles persévéraient dans leur dessein*. Le tribunal pouvait, à ce qu'il semble, interdire la séparation des époux, mais il ne l'autoiisait pas expressément. Son silence équivalait cependant à un prononcé de divorce.

Ce luxe de légalité, cette prétention de mettre l'union conjugale à l'abri du caprice ou de l'injustice de l'un des conjoints ne se peuvent rencontrer que dans les sociétés déjà fortement organisées. 11 n'en est pas encore ainsi chez les Thibétains et les Tartares de l'Asie mongolique.

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