‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 277 sur 406 · Id., Ibid · texte numérisé non relu

Id., Ibid

Cette question des veuves a évidemment été fort gênante pour les sociétés primitives. Souvent on les a ou recueillies ou vendues, quand l'opération pouvait être ou avantageuse ou agréable. Mais un autre moyen fort simple de n'en pas être encombré a été de les sacrifier sur la tombe du mari défunt. Rien de moins rare que ces immolations en pays sauvage, et ces actes atroces sont parfois inspirés par d'affectueux sentiments, par le souci du sort qui attend le défunt mari dans Tau delà. Comment le laisser entreprendre seul ce dangereux voyage d'outre-tombe? C'est même là la raison ordinaire de la coutume, si répandue, des sacrifices humains, dont les femmes et les esclaves font principalement les frais. Je citerai quelques faits de ce genre, uniquement à titre de spécimens.

Dans certains tribus de la Nouvelle-Zélande, on étranglait les veuves sur la tombe du mari défunt *. Dans l'Afrique équatoriale, dans le Yourriba, quand le roi vient à mourir, quatre de ses femmes et quantité d'esclaves sont obligés de s'empoisonner. C'est dans un œuf de perroquet que leur est versé le poison et, s'il ne produit pas d'effet, les patients doivent y suppléer, en se pendant eux-mêmes. A Jenna, sur le Niger, à la mort d'un gouverneur, une ou deux de ses veuves doivent se suicider, le même jour, pour lui donner une compagnie agréable dans le gouvernement d'outre-tombe, dont il est allé prendre possession '.A Katunga, la première femme du roi défunt est obligée de s'empoisonner sur le tombeau de son mari en compagnie du fils aîné et des principaux personnages du royaume. Toutes ces victimes doivent être ensevelies avec le maître mort'.

Les massacres, qui solennisent la mort du roi de Daho*

i. Moerenhout, Voy. aiuc îles y etc., t. If, p. 187.

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