‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 285 sur 406 · Lettres édifiantes, p · texte numérisé non relu

Lettres édifiantes, p

i. Ihid., \K 3i.

:i Ihid., t. XUl, p. i7.

Dans le Koran, dans la Bible et chez les Arabes ou plutôt les Islamites contemporains, on ne trouve plus rien d'analogue; mais la situation qui y est faite à la veuve, n'en reste pas moins peu enviable.

Un verset du Koran nous prouve qu'avant Mahomet, les fils héritaient tout simplement des femmes de leurs pères, à la mode africaine : € N'épousez pas les femmes, qui ont été les épouses de vos pères; c'est une abomination et un mauvais usage K » Cette pratique si grossière, contre laquelle Mahomet s'élève, nous avons vu qu'elle est encore en usage en divers pays, notamment chez les nègres de T/ifrique intertropicale. Il fallait qu'elle fut bien générale au temps de Mahomet, même chez les Arabes, puisque le prophète ne veut pas que sa loi ait d'effet rétroactif : « Laissez, dit le môme verset, subsister ce qui est déjà accompli. »

Il est un point pourtant sur lequel le Koran devance la plupart des civilisations barbares et même la Bible. Il reconnaît en effet aux veuves un droit dans la succession du mari ; ce droit est d'un quart, s'il n'y a pas d'enfant, d'un huitième seulement, dans le cas contraire ^ H n'en résulte pas moins que la veuve n'est plus ou simplement abandonnée ou, ce qui est bien pis, confondue avec l'héritage. I^a Bible avait été moins bénigne pour la veuve. Elle spécifie bien que la fortune du mari garantit l'avoir propre et le douaire de la femme, mais elle ne fait point figurer celle-ci parmi les héritiers du mari défunt. La veuve juive restait à la charge de ses enfants ou, si elle n'en avait pas, retournait dans sa famille \ La veuve abandonnée n'avait d'autres ressources que sa part des dîmes et la charité publique *. On recommande bien de ne

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