‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 298 sur 406 · Vï^ou Pi Howitt, Kamilarni and Kurnai, 50. i. Ici., tbid · texte numérisé non relu

Vï^ou Pi Howitt, Kamilarni and Kurnai, 50. i. Ici., tbid

visiteurs étrangers des femmes temporaires de leur classe*. Ainsi, dans la tribu des Kamilaroi, voisine de Sydney, tout homme du clan Kubi a le droit d'appeler sa femme toute personne de sexe féminin appartenant au clan Ipai et de la traiter comme telle. Il n'est besoin pour cela ni de pourparlers, ni de contrat, ni de cérémonie ; on est époux par droit de naissance, mais l'union intime n'implique pas l'association par couple : la femme passe de l'un à l'autre, ou même des uns aux autres. Au contraire, dans le sein du clan, tous les hommes et toutes les femmes s'appellent frères et sœurs et doivent se respecter. En s'unissant aux hommes de l'autre sous-tribu ayant sur elles le droit conjugal, les femmes ne cessent pas pour cela de résider dans leur clan, dans la sous-tribu de leurs c frères ».

Le mariage dans cette sous-tribu, avec une personne ayant même tolem, c'est l'abomination de la désolation, la faute pour laquelle il n'est pas de merci. Qui la commet est mis au ban de la société, chassé de la tribu, traqué dans les bois comme un gibier et mis à mort. Il a déshonoré l'association, et les enfants qui naissent de ces incestes sociaux sont exterminés*. En résumé, sans se soucier de la consanguinité réelle, on a créé, entre tous les membres du même clan, une fraternité fictive, comme la paternité résultant de l'adoption. Cette parenté artificielle est-elle résultée de la pratique exogamique, ou au contraire l'a-t-elle déterminée? Nous l'ignorons; mais là où elle existe, elle domine tout. Par exemple, si, comme il arrive assez sou vent en Australie, les hommes importants, les chefs, les sorciers, les hommes mûrs, accaparent, pour leur usage personnel, un certain nombre de femmes, ils ne le font qu'en se conformant à la loi d'exogamie entre les sous-tribus.

1. Fison ci Howitt, Kamilaroi and Kurnai (1880), 5â, 53. 1 Id., Ibid., p. 65, 66.

3iO L'ÉVOLUTION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE.

Si rime d(»s f(?mmes ainsi confi.squées s'évade el est reprise, ollr n'est pas rendue à riiomme qui en avait usurpé la possession, mais appartient de droit à ceux qui l'ont poursuivie.

Bien plus, certaines tribus voisines sont subdivisées en sous-tribus, en clans de même nom; elles ont probablement essaimé jadis les unes des autres. Or, s'ilarrive qu'un homme vole une femme à Tune de ces tribus, la femme capturée est aussitôt incorporée dans le clan correspondant de la tribo des ravisseurs, et elle devient la « sœur * de toutes les femmes de ce clan, auquel appartiendront aussi se^ enfants. Quant au ravisseur, il fait toujours partie d'une autre gm^ d'un autre clan de la même tribu. Arrive-t-il que les tribus de la femme capturée et de son capteur ne soient pas symétriques, n'aient pas de clans correspondants, alors la femme peut devenir la souche d'un clan nouveau appartenant à la tribu de Thomme qui l'a enlevée*.

Si la femme est ravie, non par un individu, mais par un parti de guerriers, le premier soin des capteurs est ordinairement d'infliger à la captive un viol collectif, à la condition pourtant qu'aucun d'eux n'appartienne à un clan homonyme de celui de la femme ravie; sinon celui-là devrait s'en abstenir*.

Le signe de la fraternité fictive des Kamilaroi et de toutes les tribus australiennes organisées de la même manière, ejst un emblème commun, le totem. Tous les hommes portant le mr»me totem sont unis par le lien d'une fraternité de convention, mais qui n'en est pas pour cela moins étroite. Le totem a été évidemment imaginé à une époque primitive, où | l'on distinguait mal les divers degrés de la consanguinité, et où Ton n'hésitait pas à les remplacer par une union artifi-

1. Fisou et Ilowit, résumé par Giraud Teulon, fils, dans Origineidu iiMrM^ el de la familley p. 120.

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