Id., IbiH.y p
LE CLAN ÀMILIAL EM AUSTRALIE ET EN AMÉRIQUE. ail
lie reculant beaucoup les limites de la famille naturelle. [}uand on voulut sortir de ce mariage communautaire et ilracter une union individuelle, on dut recourir à divers ifices. L'un de ces procédés transitoires est resté en usage is la tribu des Kurnaiy dans le Gippsland australien. Chez eux, les termes usités pour désigner la parenté .usent encore l'antique existence d'un mariage fraternel ; js ils n'en ont pas moins adopté, dans la pratique, le mage individuel. La manière dont se contractent ces mages individuels retrace vraisemblablement ce qui a dû se îser primitivement, quand quelques novateurs essayèrent chapper au mariage communautaire, en enlevant la femme îférée par eux et ne rentrant dans la tribu qu'après avoir tenu le pardon des leurs et la ratification de leur audause entreprise. Tout mariage, chez les Kurnai, doit se re par enlèvement de l'une des femmes de leur tribu, me quand ce rapt a été précédé d'un échange amiable de urs, ce qui est assez ordinaire. Ce rapt simulé est puni par simulacre de vengeance. Les fugitifs sont poursuivis ; ils it même maltraités, mais point mis à mort. On les châtie îquement pour obéir aux vieilles coutumes des ancêtres. and tout est terminé et réglé, quand le couple fugitif est ntégré parmi les siens, la femme appartient à l'homme i l'a enlevée; celui-ci n'est plus obligé de l'offrir aux visirs de son clan, ainsi que le voulait l'ancienne hospitalité $tralienne' : elle est à lui seul. Quelquefois le ravisseur alise son droit de propiiétaire unique, en avertissant bord ses amis, leur conduisant et leur livrant la femme, i ensuite lui appartient*.
Sl mesure qu'évoluait le mariage communautaire, battu en ^che par l'instinct individualiste, la famille consanguine
. FisoD et Howit, loc. cit,t 200.
. !d., Ibid.
343 L'ÉVOLUTION DU MARlJlCE ET DE LA FAMILLE.
se dégageait peu à peu de la famille collective et li Ce fut vraisemblablemeDl la Hliation utérine, la fi maternelle, qui se fondèrent d'abord. Les Australiens ont encore la filiation par les femmes et, chez eux, le: prictés de l'oncle se transmettent héréditairement au utérin ; mais déjà la famille paternelle tend à se consi Souvent, chez les Mota, les jrarents dans la ligne masr les agiials, essaient de racheter riiérilage moyennan indemnité'. Chez d'autres tribus australiennes plus aw encore, l'évolution familiale est aussi plus complet filiation masculine est déjà instituée, l'agnation estad< on a même lo culte des mânes, des ancêtres masculins Mélanésiens de la Tasmanie et de l'Australie nous ( donc en raccourci un tableau assez complet de l'évoluti' mariage et de la famille, depuis le rapt primitif, suivi période communautaire où le mariage n'est qu'une pi cuite limitée et réglée, où la consanguinité rt'clle est placée par une fraternité lictive, jusqu'au mariage î duel el A la litiation masculine, en passant préalablcmei la liliation utérine, la famille maternelle. Nous l'etrout des traces de c«tle évolution chez d'aulrcs races, mais part le stade inférieur ne sera aussi bien conservé qu'i en Australie.
ni. — LA FAMILLE EN AMEHIQUE
Rien de semblable au grossier mariage communal des Kamilaroi australiens ne s'observe chez les In d'Amérique, dont pourtant l'organisation familiale raf
1. A. Giraud-Ieuloii, loc. cit., \i. 117. 3. Giraud-Tculon QU, loc. cit., |i. 146.
fort celle des clans mélanésiens, mais à un degré d'évolution déjà plus relevé.
. Les tribus des Peaux-Rouges étaient et sont encore divisées en phratries, subdivisées elles-mêmes en clans. Or, ces clans étaient composés de parents fictifs ou réels. Dans chaque phratrie, les clans correspondants ont même totem, et il est rigoureusement interdit d'épouser une femme appartenant au groupe dont on porte soi-même le tolem. Cette organisation est fort ancienne; elle existait au Mexique, lors de ia conquête espagnole, et les Français la retrouvèrent au xviu* siècle chez les Peaux-Rouges du Canada. Les Ilurons, nous dit Charlevoix, étaient répartis en trois clans : celui du loup, celui de la tortue, celui de Tours*. Le totem, Temblème du clan servait à signer les traités-. Le fait est général, et la subdivision de la tribu en clans ou génies s'observe chez les Indiens Tinneh, chez les Choctau, chez les Iroquois, les Omahas, les Indiens de la Colombie, etc., etc. Chaque clan forme une grande famille, habitant parfois une maison commune, comme le font encore les Indiens des Pueblos, comme le faisaient les Iroquois au moment de leur découverte, comme les Mexicains à l'époque de la conquête (espagnole. Les « longues maisons » des Iroquois étîiient des édilices ayant une centaine de pieds de longueur. Un large corridor, fermé à ses deux extrémités par une porte, les traversait dans toute leur longueur. A droite et à gauche de ce corridor central, et s' ouvrant librement sur lui, étiiient des stalles, des niches , servant chacune de logement î\ une famille. Le nombre de ces familles variait de cincj à vingt^ Les membres du clan peau-rouge avaient des droits et des